Qu’est-ce qu’on a ri il y a presque vingt ans devant le film Bienvenue chez les Ch’tis, où l’on suivait les tribulations d’un employé de la poste des Bouches-du-Rhône muté dans le Nord-Pas-de-Calais. Tout comme la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), qui imagine que le scénario, s’il était écrit aujourd’hui, “serait peut-être inversé, avec un fonctionnaire du Nord obligé de déménager dans le Sud, condamné aux étés irrespirables, bien loin de la brise fraîche et si agréable de sa contrée natale”.

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Car oui, le désirable a changé de boussole. D’ailleurs, “une petite cité médiévale pittoresque de Bretagne, dont la plupart des Français n’ont jamais entendu parler, vient de se hisser au sommet du palmarès des villes où il fait bon vivre en ces temps de changement climatique”, racontait en août le Daily Telegraph. C’est un classement établi par nos confrères du Parisien qui a donné envie au quotidien britannique de découvrir la grande gagnante, à savoir Fougères, en Ille-et-Vilaine.

Aux États-Unis, en janvier 2025, alors que des incendies inimaginables détruisaient Los Angeles, le climatologue Peter Kalmus avait pris la plume dans le New York Times pour raconter qu’il avait quitté la ville californienne deux ans auparavant précisément par “peur que [son] quartier ne prenne feu”. Dans son texte, il faisait part de l’effarement devant la rapidité de la survenue de son cauchemar. Il n’était pas parti à cause des incendies mais à cause de la peur des incendies. Mais les États-Unis, c’est loin, n’est-ce pas ?

En France, après notre été infernal, avec les feux en Gironde – dont une photo, décrite comme un “instantané de l’apocalypse”, marquera nos mémoires – et des températures caniculaires pendant des semaines, des mois même, sur le pourtour méditerranéen, nous avons donc été comme des lapins pris dans les phares d’une voiture. Tétanisés. Et pourtant nous étions prévenus. Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme depuis des années, et on nous a répété que l’été 2026 sera le plus frais des prochaines années. De quoi conclure qu’échapper aux manifestations du dérèglement climatique fait plus que jamais partie de l’équation pour les vacances. Ou déménager.

Chaque jeudi, les pistes de la presse étrangère pour agir face au dérèglement climatique et s’adapter