Les Etats-Unis s’apprêtent à faire un bond de quatre-vingt-dix ans en arrière. Pete Hegseth, le secrétaire à la défense de l’administration Trump, a annoncé, jeudi 8 octobre, que Nidal Hasan, le responsable de l’attaque terroriste sur la base de Fort Hood au Texas, sera fusillé par des soldats, le 3 décembre. Alors que la dernière mise à mort en public remonte à 1936, dans le Kentucky, l’exécution de Nidal Hasan sera diffusée en direct sur Internet.
Major du corps médical de l’armée américaine (l’équivalent d’un commandant en France), ce psychiatre de formation est responsable du plus grand attentat contre des militaires sur le sol américain. En 2009, il a crié « Allah akbar » (« Dieu est grand », en arabe) avant d’ouvrir le feu au sein du poste de Fort Hood, tuant treize soldats et en blessant 32 autres. Lors de son procès en 2013, il a revendiqué la tuerie, dénonçant la « guerre contre l’Islam » menée par les Etats-Unis et a affirmé qu’il aurait souhaité mourir en martyr. Il a été condamné à la peine de mort.
Donald Trump a validé lui-même la méthode – le peloton d’exécution. L’armée américaine n’avait exécuté personne depuis 1961, et n’avait pas fusillé l’un des siens depuis 1946, même si quatre militaires sont actuellement dans le couloir de la mort. Le Pentagone brouille, qui plus est, les lignes entre justice et vengeance : Pete Hegseth a demandé que le condamné à mort soit fusillé à 13 h 30 précises, soit l’heure à laquelle il a ouvert le feu en 2009.
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