“Le colonialisme à notre époque” : c’est le sous-titre du documentaire choc Pesta Babi (“La Fête du cochon”, en indonésien), qui agite l’opinion publique depuis plusieurs semaines dans l’archipel. Réalisé par le journaliste d’investigation Dandhy Dwi Laksono et l’anthropologue Cypri Paju Dale, le film retrace la lutte de communautés autochtones de Papouasie du Sud, province indonésienne située en Nouvelle-Guinée occidentale, pour protéger leurs terres ancestrales contre leur conversion en vastes monocultures industrielles.

L’une des formes de résistance mise en avant dans le documentaire est le rituel Awon Atatbon, la “fête du cochon” dans la langue du peuple Muyu. Organisée tous les sept à douze ans, cette cérémonie traditionnelle fait office de loi coutumière. Selon ce rituel, la forêt doit être protégée durant dix ans afin de permettre au gibier de se reconstituer, et la cession de terres à des acteurs privés est interdite.

Plus qu’un simple conflit foncier local, le documentaire donne à voir une “crise politique et écologique plus vaste qui se déroule actuellement en Papouasie”, estime le média en ligne indonésien Katadata, et provoque un débat sur les visions concurrentes de l’avenir de ce territoire.

Près de 2,5 millions d’hectares de forêt détruits

Cible du documentaire :