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« Pour les opérateurs télécoms européens, il était temps de réagir face à la menace de moins en moins fantôme que fait planer Starlink »

Orange, Deutsche Telekom, Telefonica et Vodafone ont signé, le lundi 19 octobre, une alliance dans le but d’étudier une candidature commune à un appel d’offres européen pour l’attribution de fréquences destinées aux services mobiles par satellite, explique Olivier Pinaud, journaliste au

« Pour les opérateurs télécoms européens, il était temps de réagir face à la menace de moins en moins fantôme que fait planer Starlink »
HaitiCreoleRadio.com

Pour les télécoms européennes, il était temps de réagir face à la menace de moins en moins fantôme que fait planer Starlink, la société d’Elon Musk. Les quatre plus gros opérateurs du Vieux Continent − le français Orange, l’allemand Deutsche Telekom, l’espagnol Telefonica et le britannique Vodafone − ont signé, lundi 19 octobre, une alliance dans le but d’étudier une candidature commune à un appel d’offres européen pour l’attribution de fréquences destinées aux services mobiles par satellite. Celui-ci doit être lancé après 2027.

Longtemps sceptiques, les opérateurs télécoms ont pris conscience du risque que fait peser cette technologie dite « direct-to-device » (D2D). Elle permet, grâce à une constellation satellitaire, de pouvoir utiliser son smartphone même dans les zones les plus reculées ou mal couvertes par les réseaux mobiles classiques.

Pour la société de satellites d’Elon Musk, la plus avancée dans le D2D, c’est le moyen de venir se placer au-dessus de la tête des opérateurs télécoms traditionnels et de capter une partie de leur business. Face à la menace Starlink, les groupes de télécoms américains AT&T, Verizon et T-Mobile ont d’ailleurs signé, début octobre, la même alliance que leurs confrères européens.

Des représailles « dévastatrices »

Mais la portée de ce front commun européen dans les télécoms va bien au-delà d’une simple affaire de défense d’un pré carré économique. Elle illustre aussi la crainte de l’Europe de dépendre, comme l’Ukraine aujourd’hui, d’un acteur étranger.

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Le jour de l’annonce de l’alliance entre les quatre opérateurs, Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, se plaignait d’une dégradation persistante des capacités de connexion à Starshield, le réseau satellitaire à vocation militaire d’Elon Musk utilisé par l’Ukraine. « Malheureusement, l’Europe ne peut pas remplacer cette capacité à court terme », a admis la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, vendredi 16 octobre.

Pour garder la main, la Commission européenne a proposé, le 27 mai, de réserver un tiers des fréquences destinées au D2D à des services souverains et un autre tiers à des groupes commerciaux européens, ce qui a provoqué la colère américaine.

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