Le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro est arrivé en tête, dimanche 4 octobre, du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne, devant le président sortant de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, dit « Lula », qu’il affrontera au second tour, le 25 octobre. Après le dépouillement de près de 99 % des urnes, le fils de l’ancien chef de l’Etat d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022) compte plus de 47 % des suffrages, contre près de 45 % pour Lula.
Flavio Bolsonaro, du Parti libéral (PL), a été désigné candidat par son père quand ce dernier a été condamné à vingt-sept ans de prison pour une tentative de coup d’Etat contre Lula en 2022. A la sortie de son bureau de vote à Rio, le fils Bolsonaro, âgé de 45 ans, a promis de « libérer le peuple brésilien ». « Le Brésil a besoin de changement, le Brésil ne supporte plus tant de souffrance, tant d’impôts élevés, tant de femmes tuées, tant de persécution politique », a-t-il affirmé.
« Le peuple devra choisir entre le renforcement du régime démocratique et la barbarie », a lancé, de son côté, le président sortant, Lula, après avoir voté dans l’Etat de Sao Paulo. Les deux favoris avaient dit croire à une victoire dès dimanche, même si les sondages les montraient ces derniers jours encore assez loin des 50 % qui auraient assuré une élection directe.
Les sondages prévoyaient néanmoins un léger avantage pour Lula jusqu’à la veille du vote. Comme en 2018, les enquêtes d’opinion ont sous-estimé la force de la droite. Le scrutin avait alors mis aux prises Lula et Jair Bolsonaro.
Sous l’œil de Donald Trump
Le président américain a dit suivre « de très près » l’élection brésilienne, après avoir vu des alliés parvenir au pouvoir en Argentine, en Colombie ou au Pérou. S’il n’a pas apporté son soutien à Flavio Bolsonaro, l’influence de Donald Trump a néanmoins pesé sur la campagne. Le républicain a dégainé droits de douane et sanctions contre le Brésil depuis le procès de 2025 contre son allié Jair Bolsonaro.
A bientôt 81 ans, Lula, qui brigue un quatrième et dernier mandat non consécutif, a appelé, durant la campagne, son homologue américain à ne pas « se mêler » des élections brésiliennes.
Revenu au pouvoir en 2023, le chef de l’Etat est reconnu pour ses programmes sociaux, qui ont sorti des millions de personnes de la pauvreté dans les années 2000. Mais les électeurs se plaignent du coût de la vie et de la criminalité galopante.
Son adversaire a promis la manière forte contre le crime et l’austérité budgétaire. Le fils Bolsonaro n’a pas perdu pied, après la révélation qu’il était visé par une enquête pour corruption et blanchiment d’argent sur le financement d’un film à la gloire de son géniteur. La droite ne manque pas de rappeler que Lula a passé en 2018-2019 plus de dix-huit mois en prison pour corruption, avant de voir sa condamnation annulée pour motifs de procédure.
Dans son bilan, le candidat de gauche affiche une baisse drastique de la déforestation en Amazonie, qui avait bondi sous la présidence Bolsonaro. Mais la question a brillé par son absence durant une campagne davantage semée de polémiques que de projets.
Le prochain mandat présidentiel débutera le 5 janvier 2027, alors que quelque 160 millions d’électeurs sont appelés une nouvelle fois aux urnes pour un vote décisif.