En plein entre-deux-tours, le président sortant brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a demandé à son parti de dénoncer le géant de la tech américain Meta devant l’Organisation des Etats américains (OEA) pour « ingérence » dans les élections, a annoncé sa campagne, mercredi 14 octobre.
Le Parti des travailleurs (PT), formation de gauche de Lula, qui brigue la réélection, affirme que Meta le pénalise en imposant des restrictions à ses contenus, sur Instagram et sur WhatsApp. L’entreprise a rejeté ces accusations, invoquant des « problèmes techniques » qui ne se seraient pas produits uniquement au Brésil.
Lula, 80 ans, mise fortement sur les réseaux sociaux pour tenter de combler son retard sur le candidat conservateur Flavio Bolsonaro, 45 ans, qui l’a devancé au premier tour de la présidentielle. Le second tour aura lieu le 25 octobre. « Il est temps de dénoncer [Meta] devant la communauté internationale, en commençant par l’OEA », a déclaré aux journalistes le responsable de la communication du PT, Eden Valadares. Selon ce dernier, le groupe américain « ne parvient pas à démontrer que [les restrictions] sont le fruit du hasard ».
Une supposée « sélectivité algorithmique »
Après le premier tour, la campagne du président sortant a déposé, devant la justice électorale, plusieurs plaintes pour « indices d’ingérence » contre l’entreprise américaine. Le PT a évoqué mercredi une supposée « sélectivité algorithmique » dans l’outil d’intelligence artificielle de WhatsApp. Selon les avocats du parti, « les contenus de Lula et de ses soutiens subissent des restrictions de diffusion sans aucune justification ni transparence ».
Ils argumentent que « les profils soutenant la candidature de Flavio Bolsonaro » bénéficient, au contraire, d’une portée disproportionnée et artificielle, dépassant même en nombre de vues des célébrités mondiales. L’équipe du candidat de gauche a également annoncé qu’elle tiendrait, jeudi, une réunion avec des observateurs internationaux au sujet de cette ingérence présumée.
Lula a déjà dénoncé des tentatives d’ingérence électorale des Etats-Unis en faveur de son rival. Le père de Flavio Bolsonaro, l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, est un allié de Donald Trump.