Percer les secrets du cerveau en manipulant les neurones. C’est pour la mise au point de l’optogénétique, une technique très ingénieuse permettant de réaliser cet exploit, que sont récompensés, lundi 5 octobre, les trois lauréats du prix Nobel de physiologie ou médecine 2026 : l’Américain Karl Deisseroth et les Allemands Peter Hegemann et Georg Nagel. Une stratégie aussi brillante qu’audacieuse, qui tire ses superpouvoirs d’un pacte inattendu entre deux elfes, le génie génétique et l’optique, créant cette « fée lumineuse » aussi précise que puissante.
L’enjeu est double : comprendre comme le cerveau forme les souvenirs, les émotions, les comportements ; mais aussi développer des traitements contre des troubles de la vision ou diverses maladies neurologiques ou psychiatriques. En 2021, un tout premier patient aveugle, atteint de rétinite pigmentaire, une maladie qui touche près de deux millions de personnes dans le monde, a pu recouvrer une partie de la vision grâce à un traitement optogénétique.
« C’est une récompense très méritée que tous les spécialistes attendaient », se réjouit l’ophtalmologue José-Alain Sahel, fondateur et ancien directeur de l’Institut de la vision, à Paris, aujourd’hui à l’université de Pittsburgh (Pennsylvanie), qui a codirigé l’essai clinique mené chez ce patient aveugle.
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