Les autorités iraniennes s’insurgent d’un « deux poids, deux mesures » de Paris : depuis le début des mobilisations lycéennes, fin septembre en France, Téhéran n’hésite pas à dénoncer le recours à une force policière jugée « disproportionnée », appelant la France à respecter « la liberté de manifestation ». En janvier, lorsque les autorités iraniennes ont réprimé dans le sang une vague de contestation en Iran, le président français, Emmanuel Macron, avait en effet appelé au respect du droit de manifester pacifiquement.
Lundi 19 octobre, au lendemain d’un week-end marqué par des violences à Paris et dans d’autres villes françaises, le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a appelé le président français à écouter les revendications de la rue. « Le peuple français réclame un changement radical, notamment la garantie de la liberté de réunion et de manifestation. Ecoutez ce que vous dit l’avenir de la France, Monsieur le Président ! », a-t-il écrit sans ironie sur le réseau social X.
En janvier, loin d’écouter les revendications des Iraniens, le régime avait écrasé le mouvement avec une violence dont le bilan demeure incertain, du fait de la coupure d’Internet des semaines durant et des pressions exercées pour réduire au silence les proches des victimes. Selon les faits documentés par les organisations de défense des droits humains, cette répression, qui se poursuit à raison d’exécutions quasi hebdomadaires, constitue la plus sanglante de l’histoire de la République islamique d’Iran contre des manifestants.
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