Aujourd’hui, aux États-Unis, vivent plus de cent millions de personnes qui n’étaient pas nées le matin où les tours jumelles se sont écroulées. Des millions d’autres commençaient à peine à marcher ou entraient à la maternelle ce jour-là. Pour elles, le 11 Septembre n’existe que dans le récit des autres. Et si les adultes de leur entourage se rappellent encore parfaitement comment la vie s’est arrêtée à 8 h 46, ce jour-là, des entretiens avec une trentaine d’adolescents et d’adultes de moins de 26 ans montrent qu’ayant grandi dans les années qui ont suivi, ils en ont retiré une expérience très différente.

On trouve des jeunes de 20 ans, dont la vision du monde est marquée par les scènes de mort et de destruction en Irak, en Iran et en Afghanistan. Des adolescents qui ont connu des fusillades de masse et une pandémie qui a causé la mort de plus de 1,2 million d’Américains, et pour qui le 11 Septembre n’a rien de si exceptionnel. Et des étudiants – résidant aussi bien à Manhattan qu’à 4 000 kilomètres de Ground Zero – qui se disent profondément émus par l’étendue du désastre, même sans y être intimement liés.

Une vie dans l’ombre des tours jumelles

À 25 ans, Annika Heegaard a vécu toute sa vie dans l’ombre des attentats. Pour elle, ce jour, flou, reste menaçant, toujours là, mais i