“Qui est la nouvelle présidente, Ülle Madise, et quelle est sa vision de la vie ?” se demande ERR. Cette spécialiste du droit constitutionnel de 51 ans qui a fait toute sa carrière dans l’administration a été désignée pour prendre le poste, actuellement occupé par Alar Karis, à l’issue d’un vote des députés estoniens, mercredi 2 septembre. Elle a recueilli 71 voix sur 101. Intronisée le 12 octobre, elle occupera une fonction essentiellement représentative dans cette république parlementaire.

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“Elle a contribué à mettre en place le système de vote en ligne en Estonie et […] à transposer la législation européenne dans le droit estonien”, rappelle le média public, qui souligne qu’Ülle Madise a défendu férocement les libertés individuelles en tant que chancelière de la justice, une fonction indépendante en Estonie qui garantit la défense de la Constitution et des droits humains.

“Se faire confiance” a été l’expression clé de la candidate avant le vote. “En tant que petite nation, nous devons rester soudés. Nous devons débattre avec passion de nos objectifs pour l’avenir et des voies qui nous y mèneront”, a-t-elle asséné lors d’un discours devant les députés, cité par ERR. C’est d’ailleurs le rôle du président en Estonie, comme le rappelle le média public : “Il joue avant tout un rôle de figure fédératrice qui contribue à garantir la stabilité du pouvoir exécutif et à assurer l’équilibre entre les institutions constitutionnelles du pays.”

Realpolitik

Si les questions de politique intérieure vont bien occuper la présidente, elle ne pourra pas faire l’impasse sur la politique étrangère. La situation géographique du pays l’impose : membre de l’Otan et de l’Union européenne, il dispose d’une frontière commune avec… la Russie. “Les décisions doivent être prises en fonction de la realpolitik, car la politique internationale ne fonctionne pas comme un club de gentlemans britannique, avec des règles fixes et équitables”, souligne-t-elle. L’ancien président Toomas Ilves, qui l’avait recrutée comme conseillère juridique, a suggéré qu’elle n’avait pas la langue dans sa poche.

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Deux organisations politiques, le parti nationaliste Ekre et le Parti du centre, n’ont pas soutenu sa candidature. En l’absence d’autre candidat, le chef du Parti du centre, Mihhail Kolvart, n’a pas voulu participer à une “désignation”. Comme le rapporte ERR dans un autre article, d’autres candidats qui n’ont pas reçu le nombre de signatures nécessaires pour se présenter critiquent aussi ce mode de scrutin qui “manque de transparence” et “ne correspond pas aux standards d’une démocratie libérale du XXIe siècle”.