“Je construirai une Grande-Bretagne dont mon père serait fier”, titre en une le Daily Mirror, le mercredi 30 septembre, sur une photo d’Andy Burnham, visiblement au bord des larmes lors de sa première allocution en tant que Premier ministre au congrès travailliste, la veille au soir à Liverpool. Devant les fidèles du parti, Burnham a prononcé un discours que le tabloïd, très proche des travaillistes, qualifie d’“audacieux”.

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Pour tenter de redresser les finances publiques du pays, il a fait part de son intention de démanteler à terme le célèbre triple lock – le “triple verrou”. En vigueur depuis 2011, ce mécanisme de revalorisation des pensions de retraite garantit chaque année une hausse correspondant au plus élevé de trois chiffres : l’inflation, la hausse moyenne des salaires ou un minimum de 2,5 %.

Longtemps évoqué outre-Manche comme un moyen de redresser les finances publiques, c’est donc finalement l’ancien maire de Manchester qui a pris la décision d’endosser ce démantèlement : le verrou lié aux salaires sera supprimé à partir d’avril 2030 – après les prochaines législatives. Le gouvernement estime que cette réforme pourrait permettre une économie de quelque 15 milliards de livres (17,5 milliards d’euros) par an d’ici à la fin des années 2030.

Revoir les “réformes néfastes” de l’ère Thatcher

Le Premier ministre s’est également engagé à revenir sur certaines des “réformes néfastes” de l’ère Margaret Thatcher, explique le tabloïd, afin de conférer aux Britanniques un plus grand pouvoir sur les services essentiels, notamment le logement, l’eau et l’énergie. Il a aussi évoqué la possibilité de réformer le système électoral britannique et son scrutin uninominal majoritaire à un tour – une mesure à laquelle il s’était pourtant opposé à plusieurs reprises avant son arrivée au 10 Downing Street.

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Autre rupture notable : l’Europe. “Le Brexit a fait plus de mal que de bien”, a déclaré Andy Burnham, annonçant son intention d’établir une relation “de long terme” avec l’Union européenne et de présenter différentes options pour y parvenir. C’est toutefois la touche personnelle, caractéristique du style de Burnham, qui impressionne le plus le Daily Mirror :

“Ému aux larmes, le Premier ministre a failli perdre sa contenance en évoquant l’influence de son père, Roy, sur son engagement politique ; les délégués l’ont gratifié d’une ovation debout alors qu’il reprenait ses esprits.”

Son père, atteint de la maladie d’Alzheimer, est mort plus tôt dans le mois dans une maison de retraite, à l’âge de 86 ans. L’état de la maladie était si avancé, a raconté Andy Burnham, qu’il n’a pas su que son fils allait devenir Premier ministre.

La presse conservatrice s’en donne à cœur joie

Outre-Manche, la presse conservatrice était beaucoup moins tendre, ce mercredi matin, envers le nouveau locataire du 10 Downing Street. Arrivé au pouvoir en juillet, Burnham avait jusqu’ici bénéficié de son image d’homme décontracté et affable. Son premier grand discours lors du congrès du Parti travailliste fournit de la matière à ses adversaires.

“Andy Burnham vient de donner un coup de poing en plein visage aux retraités, mais le pire reste à venir”, tonne ainsi le Daily Express. Le tabloïd accuse les travaillistes de vouloir “ponctionner les ressources de ceux qui ont, leur vie durant, financé leurs projets de dépenses illimitées”.

Même son de cloche au Daily Mail, qui voit dans le discours de Liverpool un retour en arrière idéologique :

“Le discours du Premier ministre devant les fidèles travaillistes à Liverpool était une déclaration d’amour dithyrambique au socialisme étouffant des années 1970.”

Et le quotidien conservateur d’énumérer ce qu’il considère comme les signes de ce virage : “Nationalisation, expropriation, ‘contrôle démocratique’ du logement et recul des réformes de marché de Margaret Thatcher ; c’était là un discours de la gauche, par la gauche et pour la gauche.”