Pour sa première élection présidentielle, Renan Santos entend bien jouer les trouble-fêtes. Il pourrait grappiller des voix au candidat d’extrême droite Flávio Bolsonaro, qu’il n’hésite pas à qualifier de “centriste”, et qui est donné au coude-à-coude avec le président sortant, Luiz Inácio Lula da Silva, dans les sondages.

À 42 ans, Renan Santos est loin d’être un inconnu de la scène politique brésilienne. Il s’est fait connaître fin 2014 en cofondant le Mouvement Brésil libre (MBL), l’un des groupes à l’origine des grandes manifestations réclamant la destitution de la présidente de gauche Dilma Rousseff (2011-2016).

L’émergence de cette organisation, qui s’est “toujours présentée” comme un “rassemblement d’outsiders” opposés à la “vieille politique”, s’est inscrite dans le mouvement plus large de la “nouvelle droite” d’Amérique latine, à l’époque soutenu et financé par un réseau de think tanks conservateurs américains, rappelle le site d’investigation Agência Pública.

Après avoir contribué à porter au pouvoir le président d’extrême droite – et père de Flávio – Jair Bolsonaro (2019-2022), le MBL a “adopté un discours de rupture” dès 2021 et appelé à sa destitution. En parallèle, le mouvement, qui avait placé plusieurs de ses membres au sein de partis de droite, “préparait le ter