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Géopolitique

« Responsabilité budgétaire, croissance et développement social ne sont pas contradictoires » : le plaidoyer de deux ministres espagnol et brésilien pour « des économies plus justes »

Le ministre de l’économie espagnol, Carlos Cuerpo, et le ministre des finances brésilien, Dario Durigan, défendent, dans une tribune au « Monde », les vertus d’une économie progressiste comme l’ont mise en œuvre les présidents Lula au Brésil et le premier ministre Pedro Sanchez en Esp

« Responsabilité budgétaire, croissance et développement social ne sont pas contradictoires » : le plaidoyer de deux ministres espagnol et brésilien pour « des économies plus justes »
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Rares sont les idées obsolètes qui reviennent avec autant d’insistance que l’affirmation selon laquelle les gouvernements de droite seraient bénéfiques pour l’économie, tandis que les administrations progressistes se caractériseraient par leur mauvaise gestion. Cette conviction témoigne d’une conception de l’économie qui néglige à la fois la durabilité de la croissance et le bilan réel des conservateurs.

En effet, quel que soit le pays sur lequel on se penche, l’expérience néolibérale des quarante dernières années n’a cessé de creuser les déficits publics, d’aggraver les inégalités, de provoquer des crises financières et de fragiliser les économies. A maintes reprises, ce sont les gouvernements de gauche qui ont dû réparer les dégâts.

Certaines parties de la gauche ont pourtant cédé aux conservateurs les drapeaux de la croissance, de la viabilité budgétaire et de la stabilité des prix, alors que les faits démontrent que ce sont les progressistes qui ont le mieux défendu ces objectifs. Ces erreurs évitables ont érodé la crédibilité de la gauche auprès de citoyens qui aspiraient simplement à travailler, à créer une entreprise, ainsi qu’à améliorer leurs conditions de vie.

Nos gouvernements respectifs ont adopté l’approche inverse. Au Brésil, après la défaite d’un gouvernement d’extrême droite [en 2022], l’administration du président Luiz Inacio Lula da Silva a repris le chemin de la responsabilité budgétaire et de la justice sociale, duquel le gouvernement précédent s’était écarté.

Nous avons renforcé la transparence, développé la politique sociale et supprimé les allègements fiscaux qui profitaient de manière disproportionnée aux grands groupes. Aujourd’hui, les résultats parlent d’eux-mêmes. Le chômage se situe à un niveau historiquement bas, les revenus des ménages augmentent et plusieurs millions de personnes sont parvenues à s’extraire de la pauvreté.

Vers une économie du bien commun

De même, en Espagne, le gouvernement du premier ministre, Pedro Sanchez, enregistre pour la troisième année consécutive l’un des taux de croissance les plus élevés parmi les grandes économies développées, ainsi qu’un déficit à son plus bas niveau depuis près de vingt ans. L’emploi atteint des niveaux record dans le pays. L’Espagne est aujourd’hui le pays de la zone euro qui crée le plus d’emplois et les réformes structurelles mises en œuvre améliorent la qualité de l’emploi, la productivité ainsi que l’innovation.

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