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Reynoldson Mompoint | Le Ministère de la Planification à la dérive : quand l’absence de vision stratégique compromet l’avenir d’Haïti

Cap-Haïtien, le 21 juillet 2026 Le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE) est censé être le cerveau de l’État, l’institution qui pense l’avenir, coordonne les investissements et oriente le développement national. Pourtant, dans un contexte de crise multidimens

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21 juillet 2026
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Reynoldson Mompoint | Le Ministère de la Planification à la dérive : quand l’absence de vision stratégique compromet l’avenir d’Haïti

  • by Rezo Nodwes
  • 21 juillet 2026
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Le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE) est censé être le cerveau de l’État, l’institution qui pense l’avenir, coordonne les investissements et oriente le développement national.

Pourtant, dans un contexte de crise multidimensionnelle, les interrogations se multiplient sur la capacité de ce ministère à remplir sa mission. Au-delà de la personne de la ministre Sandra Paulemon, c’est la gouvernance, la vision stratégique et l’efficacité de l’appareil étatique qui sont en cause.

Un ministère qui devrait penser le futur, mais qui peine à convaincre

Dans tous les États modernes, il existe une institution dont le rôle dépasse les contingences politiques quotidiennes. Cette institution est chargée de regarder au-delà des crises du moment, d’anticiper les besoins des générations futures et de donner une direction claire à l’action gouvernementale. En Haïti, cette responsabilité incombe au Ministère de la Planification et de la Coopération Externe.

Le MPCE n’est pas un ministère de représentation. Il n’est pas davantage une simple interface avec les bailleurs internationaux. Il constitue le laboratoire des politiques publiques, le centre de réflexion du développement national et le principal coordinateur des investissements publics.

Lorsque cette institution fonctionne mal, c’est toute la machine étatique qui s’enraye. Les ministères travaillent sans coordination, les projets se multiplient sans cohérence, les financements internationaux sont dispersés et les priorités nationales deviennent floues.

Dans un pays confronté à une insécurité chronique, à une économie en récession, à une pauvreté persistante et à une crise institutionnelle profonde, le déficit de planification devient un facteur aggravant. Les critiques adressées à la ministre Sandra Paulemon portent moins sur sa personne que sur la perception d’un manque de vision stratégique et sur les résultats tangibles de son administration.

Le développement d’un pays ne repose pas uniquement sur les décisions du président ou du Premier ministre. Il dépend surtout de la capacité de l’État à organiser son action dans le temps. C’est précisément la mission du MPCE. Ce ministère est chargé d’élaborer les plans nationaux de développement, de coordonner les investissements publics, d’assurer la cohérence entre les politiques sectorielles et de mobiliser la coopération internationale au service des priorités nationales. Autrement dit, il doit répondre à des questions fondamentales : Quels sont les besoins prioritaires du pays ? Où investir les ressources limitées de l’État ? Comment éviter les doublons entre les ministères ? Comment convaincre les partenaires internationaux de financer des projets réellement structurants ? Sans cette capacité de coordination, chaque ministère agit selon ses propres priorités, souvent dictées par l’urgence ou par des considérations politiques.

Le résultat est connu : des infrastructures inachevées, des projets abandonnés, des fonds mal utilisés et une population qui ne perçoit aucun changement durable. La planification n’est donc pas une formalité administrative. Elle est le fondement même de l’efficacité de l’action publique.

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