En direct Samedi 24 Octobre 2026
Géopolitique

Rishon LeZion, une ville devenue miroir électoral d’Israël

Aux portes de Tel-Aviv, cette cité-dortoir, pionnière du sionisme, est observée par les sondeurs à l’approche d’un scrutin incertain. Elle donne à voir une société israélienne multiple et fragmentée.

Rishon LeZion, une ville devenue miroir électoral d’Israël
HaitiCreoleRadio.com
  • International International International
  • Israël Israël Israël

Rishon LeZion, une ville devenue miroir électoral d’Israël

Par Manon Chapelain (Rishon LeZion [Israël], envoyée spéciale)
Publié aujourd’hui à 18h30

Temps de Lecture 5 min.

Il y a, à arpenter Rishon LeZion, quelque chose d’un peu vertigineux. Peut-être est-ce l’orgueil sans commune mesure de ses habitants – on se targue ici d’être le berceau de l’Etat, le sionisme avant le sionisme, l’une des premières implantations juives du pays. Ou à cette singulière proximité de tout ce qu’un Israélien moyen peut attendre de son pays : une identité chevillée au corps, une économie qui prospère à vue d’œil et la Méditerranée en bout de route. Est-ce pour cela que les sondeurs s’intéressent à Rishon LeZion ? Les habitants aiment en tout cas y voir un échantillon d’Israël, « un pays dans le pays ». « Qui gagne Rishon LeZion gagne Israël », résume sobrement un retraité, attablé au pied d’un centre commercial flambant neuf.

Alors, à quelques jours d’un scrutin législatif aussi attendu qu’incertain, mardi 27 octobre, on s’arrête volontiers dans cette cité-dortoir du sud de Tel-Aviv pour prendre le pouls de la société israélienne. Rishon LeZion, ce sont 300 000 habitants, des logements sociaux et de coquets pavillons, une ville façonnée par les vagues successives d’immigration. C’est un ancien bastion travailliste, des propriétaires terriens fortunés, des prolétaires et une classe moyenne en plein essor. Des quartiers aux contours sociaux bien marqués, où chaque candidat semble pouvoir trouver son lot de partisans. Ici, on se décrit volontiers comme un melting-pot, une terre d’accueil où chacun peut trouver sa place – à condition tout de même d’être juif. Après tout, c’est aussi cela, le contrat social israélien.

Il se raconte ici que l’implantation juive est antérieure à la création de l’Etat d’Israël, et même au premier congrès sioniste de Bâle (Suisse), en 1897. Des pionniers juifs d’Europe de l’Est s’installent en juillet 1882, au terme d’une longue recherche foncière qui les conduit à acheter des terres à une famille arabe de Jaffa, décidée à vendre. Dans une Palestine ottomane, dix-sept familles acquièrent ainsi 3 340 dunams de terre. Elles cherchent de l’eau, tentent de creuser un puits… sur la plus haute colline de la ville. Echec. Il faudra l’aide du baron Edmond de Rothschild (1845-1934) pour trouver l’eau précieuse et développer une petite colonie agricole, où verront bientôt le jour : la première école où l’on enseigne toutes les matières en hébreu moderne, l’un des premiers drapeaux associant des bandes bleues à une étoile de David, et les premières interprétations collectives de Tikvatenu (1877-1878), le poème qui deviendra Hatikvah, l’hymne national israélien.

Il vous reste 71.52% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Article précédent Avant le match de NFL au Stade de France, la tournée qui vou… Article suivant Haïti — Après les Cayes en 2010, quelle autre ville sera inc…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !