Le nouveau chef du gouvernement britannique, Andy Burnham, a affirmé, mardi 1er septembre, que l’Etat allait exercer « un contrôle public plus fort » sur « les biens essentiels afin qu’ils fonctionnent à nouveau au service des habitants et des territoires », en premier lieu l’eau, annonçant la présentation prochaine d’un plan sur dix ans, à l’occasion de sa première prise de parole au Parlement.
« Depuis les années 1980, ce pays a pris une série de mauvaises directions : le pouvoir politique a été centralisé, le pouvoir économique privatisé, le pays désindustrialisé », a déclaré le dirigeant travailliste.
Avant même son arrivée au pouvoir en juillet, Andy Burnham avait fait savoir qu’il était favorable à un plus grand contrôle de l’Etat, en particulier dans la distribution d’eau, secteur où la principale compagnie, Thames Water, est en grande difficulté financière. Le spectre d’une coûteuse nationalisation plane sur cette entreprise aux 16 millions de clients, en grande partie dans la région de Londres, qui a vu sa dette s’alourdir au fil des ans. Le premier ministre ne s’est pas encore prononcé sur le sujet.
Premier budget présenté à la fin octobre
Entre un endettement massif, des investissements jugés insuffisants et les rejets d’eaux usées dans l’environnement, le secteur de l’eau, privatisé à la fin des années 1980, est la cible de critiques récurrentes au Royaume-Uni. Andy Burnham, qui a fait de la défense du pouvoir d’achat sa priorité, a insisté sur ses premières mesures en la matière, dont la suppression de la TVA sur l’électricité.
Le premier budget de son gouvernement sera présenté le 28 octobre par le ministre des finances, John Healey. Les attentes sont élevées, et les spéculations nombreuses, quant aux aides aux ménages et aux éventuelles hausses d’impôts qui pourraient être annoncées à cette occasion, mais les prises de parole gouvernementales sur le sujet restent pour l’heure très générales.
La marge de manœuvre de l’exécutif demeure limitée par son engagement à respecter les règles budgétaires héritées du précédent gouvernement, ainsi que par un contexte économique contraint, marqué par un regain d’inflation, à 2,9 % en juillet, et par des taux d’emprunt à dix ans à leur plus haut niveau depuis la crise financière de 2008.