Deux responsables du parti britannique d’extrême droite Reform UK ont démissionné, vendredi 4 septembre, après avoir été accusés, dans un reportage diffusé sur la chaîne Channel 4, d’avoir tenté de contourner la loi électorale pour pouvoir accepter de l’argent d’un donateur américain.
Une enquête interne a été lancée sur les actions de James Orr, responsable du programme du parti, et de Dan Jukes, un proche collaborateur de Nigel Farage, a fait savoir un porte-parole du parti. Tous deux « ont démissionné de leurs fonctions respectives dans l’attente des conclusions de l’enquête », a-t-il précisé.
Dans ce reportage filmé en caméra cachée par les enquêteurs d’un groupe d’investigation baptisé Verbatim Investigations et diffusé jeudi, on voit Dan Jukes suggérer un moyen de contourner la loi électorale afin d’obtenir le don d’un citoyen américain de 500 000 livres sterling pour le parti. Il faut être enregistré comme électeur britannique pour pouvoir faire des dons à un parti britannique.
Les deux responsables démissionnaires, Dan Jukes et James Orr, sont aussi accusés d’avoir enfreint les règles électorales en faisant financer un sondage par une société étrangère.
Nigel Farage visé par une enquête parlementaire
Nigel Farage, qui apparaît dans ce reportage, a affirmé vendredi matin que le parti n’avait « enfreint aucune loi » et qu’il n’avait reçu « aucun argent d’origine douteuse ».
Il doit prononcer un discours vendredi après-midi au congrès du parti à Birmingham, point d’orgue de ce rassemblement auquel le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, doit aussi participer. Nigel Farage, 62 ans, ambitionne avec ce congrès de convaincre ses partisans qu’il peut accéder à Downing Street lors des législatives prévues en 2029.
Certains membres du parti ont immédiatement rejeté ce scandale comme une nouvelle tentative des partis traditionnels de saper la montée de Reform UK. Mais cette nouvelle affaire intervient après un été difficile pour le champion du Brexit, déjà accusé d’avoir accepté des dons illicites.
Nigel Farage est visé par une enquête parlementaire portant sur un don de 5 millions de livres (5,7 millions d’euros), reçu d’un milliardaire ayant fait fortune dans les cryptomonnaies, peu avant son élection comme député en 2024. Reform UK fait aussi l’objet d’une enquête policière sur son financement. Nigel Farage a affirmé tout au long de l’été être attaqué par « le système ».