Au ministère de l’Europe et des affaires étrangères, un conseiller résume la réforme d’une phrase : « On sort de la naïveté. » Face aux ingérences étrangères croissantes, aux manipulations, à la guerre commerciale internationale chaque jour plus violente, le gouvernement a décidé de revoir le fonctionnement d’un maillon aussi discret que sensible de la diplomatie économique : les conseillers du commerce extérieur. Dans un décret paru au Journal officiel mercredi 5 août, le premier ministre, Sébastien Lecornu, durcit les conditions d’accès et de maintien à cette fonction, afin d’éviter les conflits d’intérêts et les interférences de pays hostiles.
Tout est parti d’une demande de Sophie Sidos-Vicat, l’une des héritières des ciments Vicat et la première femme à présider l’association Les Conseillers du commerce extérieur de la France. Arrivée en 2023, elle souhaitait que ces quelque 4 500 cadres dirigeants qui aident les entreprises françaises à se déployer hors de l’Hexagone puissent inscrire leur action dans la durée. Elle préconisait donc que leur mandat soit porté de trois ans à cinq ans.
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