Le premier ministre serbe, Djuro Macut, a demandé lundi 7 septembre au président de dissoudre l’Assemblée nationale, ouvrant la voie à des élections législatives anticipées en octobre, réclamées de longue date par le mouvement de protestation mené par les étudiants pendant près de deux ans.
« Je propose que le gouvernement de la République de Serbie, conformément à la Constitution, demande au président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale », a, en effet, déclaré M. Macut, lors d’une session extraordinaire du gouvernement. Les prochaines législatives ne devaient normalement se tenir qu’en décembre 2027, mais le président serbe, Aleksandar Vucic, avait évoqué à la fin d’août la tenue d’un scrutin législatif anticipé en octobre.
La Serbie est agitée depuis novembre 2024 par un vaste mouvement de contestation, né de l’effondrement meurtrier de l’auvent de la gare de Novi Sad (Nord). Un accident dans lequel les protestataires voient le résultat de la corruption qui gangrène, selon eux, ce pays qui négocie son adhésion à l’Union européenne tout en restant un fidèle allié de Moscou.
« Profondes divisions »
Les appels en faveur d’une enquête transparente sur cette tragédie se sont transformés en revendication pour l’organisation d’élections anticipées, attendues désormais le 25 octobre. « La Serbie a été confrontée à des manifestations, des blocages, de profondes divisions, des problèmes dans l’éducation et une forte pression sur les institutions », a déclaré le premier ministre. « Depuis un moment, une partie de l’opinion publique réclame des élections législatives anticipées », a-t-il affirmé, en ajoutant qu’un « gouvernement responsable n’ignore jamais de telles demandes ».
Le président nationaliste, Aleksandar Vucic – au pouvoir comme premier ministre ou président depuis plus d’une décennie –, dispose de soixante-douze heures pour accepter la proposition du gouvernement serbe et dissoudre l’Assemblée. Il avait auparavant précisé qu’il le ferait les 9 ou 10 septembre, date limite pour que les élections puissent se tenir en octobre.
Les étudiants qui mènent le mouvement de contestation réclament des élections anticipées depuis mai 2025. M. Vucic avait évoqué à la fin de juin sa possible démission avant la fin de son mandat, prévue en avril 2027, afin de pouvoir participer à la campagne.
Le Parti progressiste serbe (SNS, droite nationaliste) de M. Vucic a décidé lors d’une réunion ce week-end de lui demander de conduire sa liste électorale et de se présenter comme candidat au poste de premier ministre.