“Shakira vient de Colombie, elle vit à Miami”, mais sa relation avec l’Espagne demeure profondément “intime”, assure le quotidien espagnol El País. Ce n’est donc pas un hasard si la chanteuse a choisi Madrid pour boucler sa tournée mondiale Las Mujeres Ya No Lloran (“Les femmes ne pleurent plus”, d’après le titre de son douzième album), qui l’a vu notamment réunir 2 millions de personnes sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, au Brésil.

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Désormais, c’est au tour de la capitale espagnole de devenir “l’épicentre du ‘shakirisme’ en Europe”, s’amuse El País, à l’heure où une autre immense star internationale de la chanson, Céline Dion, fait chavirer Paris. Du 18 septembre au 11 octobre, Shakira doit assurer douze dates à Villaverde, en banlieue sud de Madrid, dans un complexe entièrement construit pour l’occasion, le parc Macondo. Une référence au village fictif qui sert de cadre à l’écrivain colombien Gabriel García Márquez dans son célèbre roman Cent Ans de solitude.

“Parc à thèmes” latino

Ce “parc à thèmes”, que le quotidien en ligne El Periódico de España a pu visiter, s’étend sur 150 000 m2 et comprend une enceinte principale pouvant accueillir plus de 50 000 personnes, dans laquelle Shakira se produira. Ce stade éphémère est entouré d’autres espaces “consacrés à la mode, au cinéma, à la gastronomie, à l’art”, liste El Periódico, le but étant que l’ensemble “respire la culture latine” et rayonne sur Madrid et sa région, où vivent un peu plus de 1 million de Latinos.

Plusieurs artistes issus de la scène espagnole et latino-américaine (Amaia, Guitarricadelafuente, Nathy Peluso, Yerai Cortés, etc.) seront également à l’affiche de cette grande fête au parc Macondo. Le soir, après chaque concert de Shakira, le lieu sera le théâtre d’un carnaval inspiré de celui de Barranquilla, une ville du nord de la Colombie où l’interprète de Hips Don’t Lie et Waka Waka a vu le jour en 1977, détaille El País dans un autre article.

À la fin de la tournée, la structure éphémère de Villaverde sera démontée et la commune “retrouvera son calme”, promet El País, alors que ce projet a suscité les critiques d’une partie des habitants en raison des nuisances sonores et des perturbations du trafic routier qu’il pourrait générer.

Madrid et ses alentours prennent “des allures d’aéroport international”, relève de son côté ABC, titre conservateur madrilène. Car, outre les concerts de Shakira, Madrid a accueilli son premier Grand Prix de formule 1, du 11 au 13 septembre. Ce genre d’événement draine quantité de touristes, ce qui est une bonne nouvelle pour l’économie locale, se réjouit ABC. “Mais nous devrions peut-être craindre un peu de finir par devenir la proie des agences de voyages”, tempère le journal de droite, qui ne veut pas voir la ville perdre une partie de son identité à cause du tourisme de masse.

Peines de cœur et brouille fiscale

À Madrid, “l’immigration latino-américaine n’est pas tolérée, elle est célébrée. L’Espagne l’a accueillie à bras ouverts”, écrivait pour sa part Shakira dans une lettre publiée à la fin d’août dans les colonnes d’El País. Les liens entre la Colombienne et le pays d’Europe du Sud n’ont cessé de se renforcer depuis la première apparition de Shakira dans une émission de la chaîne de télévision espagnole Antena 3, en 1996, où elle avait interprété Estoy aquí, “son premier grand succès”, retrace la journaliste d’El País, María Porcel.

“La chanteuse s’est produite des dizaines de fois dans le pays, même si la dernière remonte à plus de huit ans”, continue le quotidien. Elle y a par ailleurs vécu avec le père de ses deux enfants, l’ancien footballeur Gerard Piqué, dont elle s’est séparée en 2022 après des rumeurs d’infidélité. Une rupture qui a fait naître, quelques mois plus tard, l’un des tubes les plus viraux de la carrière de Shakira, BZRP Music Sessions #53, en collaboration avec le producteur argentin Bizarrap, dans lequel elle réglait ses comptes avec son ex-compagnon.

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Parallèlement à ses peines de cœur, Shakira a dû aussi mener “un long et difficile combat” contre le fisc espagnol, enchaîne El País. En 2023, elle avait notamment scellé un accord de dernière minute avec le parquet pour éviter un procès pour fraude, en réglant une amende de 7,3 millions d’euros.

En mai dernier, dans une autre affaire concernant sa résidence fiscale de l’année 2011, la justice espagnole avait cette fois-ci statué en sa faveur, obligeant le fisc à lui rembourser 60 millions d’euros. Une victoire judiciaire qu’elle a, sans surprise, “célébrée en grande pompe”, conclut El País.