Sheikh Hasina multiplie les provocations. L’ancienne première ministre déchue du Bangladesh, en exil en Inde, a donné, mercredi 5 août, une conférence de presse à l’occasion du deuxième anniversaire de son départ du Bangladesh, qu’elle a quitté le 5 août 2024 pour échapper à la colère des manifestants. Le club des correspondants étrangers d’Asie du Sud – un organisme proche du pouvoir dont la plupart des journalistes occidentaux sont exclus – lui a offert une tribune inespérée, sa première intervention publique devant des médias. Elle a fustigé le premier ministre élu démocratiquement en février, Tarique Rahman, responsable selon elle de la dégradation du pays.
La « bégum de fer », comme on la surnomme, n’était pas présente au club. Elle est intervenue à distance, sans que l’on puisse voir son visage. Personne ne sait où elle réside dans New Delhi. L’écran vidéo était vide, seule sa voix était perceptible. Une voix un peu hésitante qui témoigne de son âge. Mais, à 78 ans, l’ancienne dirigeante n’a rien perdu de sa verve.
Elle a affirmé qu’elle rentrerait au Bangladesh en décembre, sans préciser la date, faisant fi de sa condamnation à mort par un tribunal spécial de Dacca, la capitale du pays, en novembre 2025, après avoir été reconnue coupable de crimes contre l’humanité pour la répression meurtrière des manifestations de l’été 2024, lors desquelles 1 400 personnes ont été tuées. « Un tribunal fantoche » selon elle. « Une condamnation à mort, de fausses accusations et des procès truqués ne peuvent pas m’effrayer », a-t-elle assuré. Pour l’ex-dirigeante en fuite, la peine capitale prononcée à son encontre fait « partie intégrante d’un processus illégal, anticonstitutionnel et motivé par des considérations politiques ».
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