Mitraillette à la main, sourire aux lèvres, un homme échange avec plusieurs personnes assises au sol, sans défense. Quelques instants plus tard, toujours filmé par un téléphone, il ouvre le feu à bout portant. La scène publiée sur les réseaux sociaux a été tournée en octobre 2025, pendant la prise meurtrière d’El-Fasher, capitale de la région du Darfour, au Soudan.

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L’homme ainsi filmé est surnommé le “boucher d’El-Fasher”. Abu Lulu, de son vrai nom Al-Fatih Abdallah Idris, est responsable de nombreuses exactions qui ont été filmées. Il est devenu un acteur majeur de la bataille numérique à l’œuvre dans la guerre civile soudanaise qui dure depuis avril 2023.

Originaire du Darfour, ce général des Forces de soutien rapide (FSR) est engagé dans les combats contre les forces armées soudanaises (FAS). Il est accusé de crimes de guerre commis lors du siège et de la prise d’El-Fasher, lors desquelles l’ONU avait relevé des signes distinctifs d’un génocide”.

En août, une enquête de la Süddeutsche Zeitung à propos des publications d’Abu Lulu sur les réseaux sociaux révélait la “guerre psychologique” en cours au Soudan. Des contenus d’une extrême violence se multiplient sur les réseaux sociaux, dans l’objectif de terroriser les civils, aujourd’hui en proie à une extrême vulnérabilité. Sur une population de 51 millions d’habitants, 9 millions ont été déplacés à l’intérieur du pays, tandis que 19,5 millions demeurent dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

Actif dans le siège d’El-Obeid

L’horreur des contenus a poussé les FSR à se désolidariser publiquement du général. Plusieurs membres ont affirmé auprès d’Al-Jazeera qu’il “ne faisait pas officiellement partie du groupe paramilitaire, mais qu’il était plutôt à la tête d’une ‘force de coalition’ alliée”. Une mise en scène de son incarcération a été publiée en novembre 2025 par le groupe paramilitaire. Il aurait été rapidement libéré et combattrait dans la région du Kordofan depuis mars, selon l’agence Reuters, et participerait au siège d’El-Obeid par les Forces de soutien rapide.

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De son côté, le quotidien allemand rappelle que, “plus la guerre se prolonge, plus il sera difficile, pour les civils, de se tenir à l’écart du conflit et d’y survivre”. Conclusion, avec ses vidéos Abu Lulu chercherait aussi à attirer de nouveaux soldats dans son camp. À la suite de défaites contre l’armée soudanaise, c’est un moyen d’afficher une image glorieuse, de “faire peur” et de “miner le moral” des adversaires, résume le média.

Dans un communiqué publié en mai, l’ONG Amnesty International a appelé à son retrait immédiat du champ de bataille.