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Géopolitique

Souveraineté numérique : « L’Europe doit tracer une voie entre le libertarianisme technologique américain et le techno-autoritarisme chinois »

L’ingénieure générale de l’armement du ministère des armées, Virginie Rozière, suggère, dans une tribune au « Monde », de créer une « communauté européenne du code et des algorithmes » afin de garantir l’indépendance du Vieux Continent.

Souveraineté numérique : « L’Europe doit tracer une voie entre le libertarianisme technologique américain et le techno-autoritarisme chinois »
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Mardi 8 septembre, une étude de Capgemini révélait la faible maturité des entreprises en matière de souveraineté numérique : 86 % des organisations interrogées sont fortement dépendantes des technologies et des fournisseurs numériques étrangers. Au-delà des entreprises, ce sont aussi nos services publics, nos vies privées et la santé de nos démocraties qui reposent sur le numérique. Dans ces conditions, ne pas en maîtriser les outils devient une vulnérabilité politique.

Pour conserver la maîtrise de son destin, l’Europe doit incarner un modèle alternatif capable de rivaliser avec les puissances et les plateformes qui façonnent l’ordre numérique mondial, et porter un projet à la mesure du défi : une « communauté européenne du code et des algorithmes » (CECA). Comme celle du charbon et de l’acier, en 1951, mais, cette fois, du numérique.

Nous avons bâti le plus grand marché réglementé du monde comme un outil de puissance. Cependant, en matière numérique, l’Europe importe plus de 80 % de ses technologies. Lorsqu’un fournisseur étranger modifie ses tarifs, restreint l’accès à ses services ou change unilatéralement ses règles, nos administrations et nos entreprises subissent ses choix. Quand nos données sont traitées par des groupes soumis à des législations extraterritoriales, la souveraineté juridique européenne devient théorique.

Le monde économique demeure très largement inconscient des risques qu’induit cette dépendance. De fait, selon un sondage OpinionWay datant de septembre, seulement 11 % des dirigeants français font de la souveraineté un critère de choix d’une solution numérique intégrant de l’intelligence artificielle, et 57 % ne voient pas de risque important à dépendre de fournisseurs non européens. Néanmoins, l’Etat et certaines collectivités commencent à prendre en compte la question de la souveraineté numérique dans leurs décisions stratégiques, à tout le moins en France – point d’appui potentiel d’une initiative européenne.

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