Le 13 octobre, sur fond de tensions entre Washington et Kiev, des militaires ukrainiens ont signalé des restrictions d’accès à Starlink [fournisseur d’accès à Internet par satellite], qui auraient compromis leur capacité à faire face aux attaques russes. Plusieurs sources mettent en cause Donald Trump mais aussi Elon Musk [PDG de SpaceX], déjà intervenu en 2022 pour bloquer l’usage du réseau satellitaire de SpaceX dans certaines régions d’Ukraine.
Ces événements révèlent une fois de plus le côté obscur de Starlink, qui est avant tout un outil au service des intérêts géopolitiques des Etats-Unis et de la fortune d’Elon Musk. Un empire numérique qui ne cesse de s’étendre, sans contrôle démocratique, au détriment de l’environnement et sous le couvert de promesses fallacieuses.
Contrairement aux satellites de télécommunications traditionnels, qui opèrent en orbite géostationnaire, à 36 000 kilomètres de la Terre, les constellations de satellites comme Starlink sont installées en orbite basse, à environ 500 kilomètres d’altitude, afin de réduire le temps de latence d’une demi-seconde. Starlink écrase la concurrence avec plus de 11 000 satellites mis en place depuis 2019, auxquels doivent s’en ajouter encore 30 000.
Le site Web de la société met en avant les récits de clients, comme Trent Arant [créateur de contenus], qui utilise le réseau pour son « mode de vie atypique », lui permettant de voyager « en jouant aux jeux vidéo depuis son van aménagé ». Dans un monde déjà hautement connecté grâce à la fibre, aux réseaux mobiles et aux satellites géostationnaires, Starlink n’a donc pas tant répondu à un besoin existant qu’il en a créé un nouveau : celui d’avoir accès à du haut débit en permanence, même au sommet d’une montagne ou dans un désert.
Cette stratégie a fait du réseau satellitaire le segment le plus lucratif de SpaceX, générant 4,4 milliards de dollars de profits opérationnels en 2025, pour plus de 10 millions d’utilisateurs. Un chiffre en augmentation constante et qui suscite des convoitises. Il existerait déjà 36 projets de mégaconstellations, représentant sur le papier 2 millions d’engins. Les experts tablent plutôt sur 100 000 satellites en orbite basse d’ici à 2030.
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