LETTRE DE BOGOTA
Ils sont déposés à la garderie en transports collectifs, baladés au parc par du personnel, déposés en taxi au spa, toilettés dans des bains moussants par des nounous notées sur des applications en ligne… Il ne s’agit pas du quotidien doré des rejetons de la bourgeoisie colombienne. Mais de celui des chiens du pays andin. Dans les quartiers cossus, dobermans, bergers allemands, labradors, bulldogs français ou chihuahuas, paradent, avec ou sans laisse, comme de véritables rois à la ville.
« Grâce à notre service de navette, nous venons chercher votre chien directement chez vous le matin et le ramenons heureux et détendu en fin de journée, promet un service de la Croix-Rouge colombienne. Votre compagnon à quatre pattes profitera d’une journée riche en jeux, en socialisation et en attentions. » L’entreprise U-Pets renchérit, en proposant l’accès à la « première université canine du pays » et son « programme d’exercices canins spécialisé, élaboré pour chaque chien, axé sur le développement cardiovasculaire et musculaire isométrique ». Pour surveiller sa mise en œuvre, les maîtres pourront « avoir accès à un flux vidéo en direct vingt-quatre sur vingt-quatre et sept jours sur sept ». Tandis qu’à l’école et pension canine rurale Cultura canina, pour 240 euros par mois et à raison de cinq jours par semaine, un chien pourra participer à des activités de « régulation émotionnelle, stimulation cognitive, stimulation multisensorielle, apprentissage et développement des compétences sociales ». Il bénéficiera même d’une « piscine sous surveillance » et d’« événements spéciaux » pour Halloween, Noël, et la Saint-Valentin.
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