“Une guerre culturelle.” C’est ainsi que le chroniqueur politique en chef du journal économique Hospodarske Noviny qualifie ce qu’il considère comme une “première étape de l’étatisation, dans les faits, de la télévision et de la radio tchèques”.

Samedi 24 octobre, à 4 h 36 du matin et après une nuit de débats houleux, la Chambre des députés a adopté en première lecture le projet très controversé d’amendement de la loi sur les médias de service public. Le texte prévoit notamment la suppression des redevances audiovisuelles (d’environ 6 euros par mois pour la télévision et de 2 euros pour la radio) et leur remplacement par un financement direct prévu dans le budget de l’État, qui entraînerait par conséquent une baisse substantielle des budgets des deux institutions.

Dimanche 25 octobre, des milliers de Tchèques se sont rassemblés sur la place de la Vieille-Ville, à Prague, pour exiger du Premier ministre, Andrej Babis, et de son gouvernement – une coalition composée d’un parti attrape-tout, d’une formation d’extrême droite et d’une autre eurosceptique et antiécologiste – le retrait du projet. Mais aussi, plus largement, pour exprimer à pleine voix leur ras-le-bol vis-à-vis de leur manière d’exercer le pouvoir depuis leur nomination, en fin d’année dernière.

Une réforme “inutile”

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