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Géopolitique

Thierry Chopin, politiste : « Dans le contexte de révolution des relations internationales actuel, le Canada et l’UE ont besoin de se rapprocher »

S’il ne fait aucun doute que l’Union européenne et le Canada ont de nombreux intérêts communs, il reste à inventer le cadre qui donnerait à cette association un contenu à la fois ambitieux et réaliste, estime le politiste dans une tribune au « Monde ».

Thierry Chopin, politiste : « Dans le contexte de révolution des relations internationales actuel, le Canada et l’UE ont besoin de se rapprocher »
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En réponse à la volonté exprimée par le premier ministre canadien, Mark Carney, que son pays se rapproche de l’Union européenne (UE), la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a saisi l’occasion en proposant au Canada, dans son discours sur l’état de l’Union, le 16 septembre, de devenir le premier « membre associé » de l’UE.

Dans le contexte de révolution des relations internationales actuel, le projet de renforcer les liens entre démocraties libérales et économies ouvertes est une nécessité et, sur nombre de sujets, le Canada et l’UE ont besoin d’un tel rapprochement : en matière économique, tant leurs intérêts sont menacés par la guerre tarifaire de l’administration Trump ; dans le domaine de l’énergie et des ressources minérales, dont les Européens ont besoin et dont les Canadiens disposent abondamment ; sur le plan stratégique, compte tenu des défis de sécurité auxquels sont confrontées les démocraties occidentales, qui ne peuvent plus compter sur le parapluie américain ; valeurs communes partagées, échanges éducatifs et proximité culturelle qui fondent un degré de confiance très fort.

La question principale qui se pose est celle du cadre à inventer pour rendre possible une telle association avec l’UE et lui donner un contenu à la fois ambitieux et réaliste. Cette question est d’autant plus importante qu’elle pourrait également concerner d’autres pays situés dans l’Atlantique Nord comme l’Islande, la Norvège et potentiellement à terme le Royaume-Uni. Le référendum islandais du 29 août [qui portait sur une éventuelle intégration à l’UE] semble ainsi montrer le désir de l’Islande d’aller au-delà de sa participation actuelle à l’Espace économique européen (EEE) – qui lui donne accès au marché intérieur de l’Europe – mais en deçà d’une adhésion comme membre à part entière de l’Union – en raison de la sensibilité locale de sujets comme la pêche.

Rapprochement ambitieux

Une possibilité pourrait être d’approfondir l’EEE tant sur le plan géographique que sur le plan sectoriel. Alternativement, il serait aussi possible de créer un statut de « membre associé » de l’Union européenne qui pourrait impliquer la participation à l’EEE et un traité additionnel – en particulier sur les questions stratégiques.

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