“Si on manifeste dans la violence, c’est parce qu’on n’a plus rien à perdre. Il faut qu’ils nous écoutent.” Tirana est en flammes. Les poubelles brûlent, les vitrines sont en morceaux. De violents affrontements opposent la police aux manifestants. La fumée des incendies se confond avec celle des lacrymos. Le centre-ville est en proie au chaos. Le ministère de l’Éducation nationale a été mis à sac. Si la “révolution des flamants roses” a pris cette nouvelle tournure, c’est le fait des étudiants albanais.
C’est Marilisa, 26 ans, étudiante en droit, qui me raconte. Je la rencontre place Skanderberg. Elle porte un masque pour se protéger des lacrymos. Derrière elle, un groupe de très jeunes gens vient de mettre le feu à un banc. “Tout ça, c’est nécessaire”, m’assure-t-elle d’un ton ferme. “Ça fait cinq mois qu’on manifeste pacifiquement et rien n’a changé.” Silvana, étudiante en informatique, est du même avis.
“On ne manifeste pas juste pour dénoncer le système éducatif, mais tout. La corruption est omniprésente : dans les écoles, dans les hôpitaux…”
Les premières manifestations qui secouent l’Albanie ont éclaté en mai contre le projet de Jared Kushner [de créer un complexe touristique de luxe] sur l’île de Sazan. Mais elles se sont rapidement muées en manifestations contre le gouve
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Tirana fait peau neuve, au risque de “perdre son âme”
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