Pas une semaine ne passe sans que je tombe sur un article qui vante les prouesses supposées des médicaments antiobésité comme l’Ozempic ou le Mounjaro. Si ces “analogues du GLP-1” permettent de perdre du poids afin d’être en meilleure santé, on chante aussi leur efficacité pour traiter les addictions et, découverte plus récente, pour réduire le risque de cancer du sein. Mais la perte de poids considérable qu’ils favorisent vient aussi chambouler les normes de beauté.

Avant toute chose, je souhaite clarifier un point : je n’ai rien contre les analogues du GLP-1, au contraire. Ces médicaments qui imitent une hormone naturelle, le GLP-1 (glucagon-like peptide-1), servent à l’origine dans le traitement du diabète de type 2 à réguler la glycémie, ralentir la digestion et réduire l’appétit. Or, je suis originaire du Soudan, où le diabète est un véritable fléau, comme dans une large partie d’Afrique de l’Ouest et des Caraïbes.

La maladie est si répandue qu’elle apparaît à beaucoup comme une fatalité. Ses conséquences sont nombreuses, et terribles, de l’évanouissement chronique à l’amputation. Dans les communautés noires, où les conditions socio-économiques aggravent les risques, les analogues du GLP-1 sont sans doute une véritable révolution sanitaire. Mais je m’inquiète des effets qu’