Alors que Kiev s’était inquiété ces derniers jours de limitations dans sa capacité de connexion au système satellitaire Starshield, ce “système de communication” – crucial pour l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie –, “semble fonctionner de nouveau plus normalement”, affirme The Wall Street Journal.

Selon une information publiée jeudi 22 octobre par le quotidien conservateur, des responsables américains ont affirmé au journal que Donald Trump avait appelé mercredi le patron de l’entreprise satellitaire, Elon Musk, pour lui demander de “lever les restrictions imposées à la version militaire du réseau” Starlink, utilisée par l’armée ukrainienne.

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D’après des responsables ukrainiens, “le service n’a pas encore retrouvé toutes ses capacités, mais son débit est désormais supérieur”, rapporte le Wall Street Journal. Une autre source ukrainienne a en revanche indiqué au Kyiv Independent que le réseau restait soumis à une limitation de débit fixée à 161 km/h.

Chute de drones ukrainiens

“Les restrictions imposées” à l’Ukraine “avaient rendu certains drones offensifs et intercepteurs ukrainiens inefficaces face aux attaques russes”, rappelle le Wall Street Journal.

“Le problème était apparu à la mi-octobre, lorsque des drones ukrainiens avaient commencé à tomber du ciel. Les commandants ukrainiens ont découvert que les drones envoyés à grande vitesse contre des cibles russes perdaient soudainement leur connexion à Starshield”, explique The New York Times. Or “l’Ukraine dépend largement de Starshield pour piloter ses drones et pour d’autres usages militaires dans sa guerre contre la Russie”.

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Les restrictions constatées étaient intervenues après que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a critiqué l’accord sur le diesel conclu entre Moscou et Washington. L’Ukraine avait aussi noté ces derniers jours un arrêt des alertes précoces américaines avertissant l’Ukraine des missiles russes en approche.

La Commission européenne avait appelé mercredi SpaceX à “rétablir d’urgence” le plein accès pour l’Ukraine.

Une panne “reflet du rapprochement” de Washington avec la Russie

“Kiev redoutait que Donald Trump ait pu ordonner à Elon Musk d’imposer ces limitations” de débit, rappelle le New York Times.

Face à ces soupçons, l’administration Trump et Starshield s’étaient “renvoyé la balle”, note The Guardian, chacun accusant l’autre d’être responsable de cette décision.

“Les systèmes Starshield appartiennent au gouvernement américain et sont placés sous son contrôle. Toute restriction de vitesse ou d’utilisation est décidée par l’armée américaine et, en dernier ressort, par le président des États-Unis” avait notamment écrit la semaine dernière Elon Musk sur sa plateforme X, après que le secrétaire d’État Marco Rubio a pointé du doigt la responsabilité du patron de SpaceX.

Interrogé jeudi par la presse au sujet de son appel à Musk, Trump a affirmé ne pas vouloir “faire de commentaires sur le fait [qu’il a appelé ou que quelqu’un d’autre a appelé”. “Ça ne change rien. Ce qui compte, c’est qu’il l’a relancé”, a déclaré le président américain à propos du patron de Starlink.

“De nombreux responsables ukrainiens craignent toutefois que la panne de Starshield ne reflète un rapprochement plus général de l’administration Trump avec la Russie”, alors que Washington “cherche à concrétiser la promesse de Donald Trump de mettre fin à la guerre”, analyse le New York Times.

Une source proche de l’administration présidentielle ukrainienne a affirmé au site russe indépendant Meduza que les pressions exercées par Washington visaient “indirectement à pousser Zelensky vers une capitulation en douceur”.

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Jeudi, le président russe Vladimir Poutine a affirmé à un journaliste de la télévision d’État que la Russie était prête à reprendre des négociations tripartites avec l’Ukraine et les États-Unis, mais en vue d’un accord de paix définitif et non d’un cessez-le-feu “court”. “Le but de ces discussions sera de traiter la question des garanties de sécurité à la fois pour l’Ukraine et pour la Russie”, a-t-il affirmé.