Donald Trump a déclaré dimanche que “de nouvelles discussions avec l’Iran débuteraient lundi après-midi”, au lendemain de sa décision de suspendre une attaque prévue contre la République islamique, “à l’appel d’alliés américains au Moyen-Orient, dont l’Arabie saoudite”, résume Bloomberg.

S’adressant à la presse à bord de l’avion présidentiel Air Force One, le président américain a affirmé que les frappes annulées auraient constitué “la plus grande attaque depuis la Seconde Guerre mondiale”, et que si un accord n’était pas conclu rapidement, notamment sur la réouverture du détroit d’Ormuz, ces frappes pourraient être lancées “à tout moment”, selon des propos relayés par NBC News.

“Bien sûr que [les Iraniens] ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l’ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme”, a-t-il ajouté. “Ce que l’on fait maintenant, c’est parler avec eux sous la forme d’une négociation”, qui doit reprendre “demain après-midi”, a-t-il dit.

Énième accord « imminent »

Aucun détail n’a filtré sur le lieu ni sur la forme de ces négociations, que Téhéran n’avait toujours pas confirmées lundi matin. Et comme le rappelle El País, le message de Donald Trump “n’est pas nouveau. Il a annoncé à d’autres occasions, des accords prétendument imminents qui ne se sont jamais concrétisés ou qui n’ont duré que très peu de temps”.

De fait, le protocole d’accord signé mi-juin entre Washington et Téhéran, censé mettre fin à la guerre et jeter les bases des négociations sur le programme nucléaire iranien et le sort du détroit d’Ormuz – dont la fermeture par l’Iran n’en finit plus de secouer l’économie mondiale –, n’a pour l’instant produit aucun résultat concret.

Et CNN remarque que si Donald Trump a justifié la suspension de son attaque par des “progrès dans les négociations, notamment sur la réouverture du détroit d’Ormuz”, les médias iraniens ont laissé entendre dimanche que “le pays n’avait pas modifié sa position sur la voie maritime”, dont elle veut conserver le contrôle.

À lire aussi : Géopolitique. Quel avenir pour le détroit d’Ormuz ?

La seule chose confirmée par Téhéran ce dimanche, concernant le détroit d’Ormuz, est l’avancée de ses négociations avec Oman, entrées en “phase finale”, rapporte Middle East Eye. Le ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué que les pourparlers visaient à “définir un mécanisme commun” sur le passage des navires dans le détroit, que se partagent les deux pays.

En juin, Oman avait proposé aux navires internationaux une route alternative au large de ses côtes, au grand dam de Téhéran, qui souhaite conserver le contrôle de la voie maritime et l’usage de la route traditionnelle, qui longe ses propres côtes.

Dialogue « inutile » avec Washington

Pour le diplomate Alan Eyre, qui fut membre de l’équipe de négociation américaine pour l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, les seules discussions “importantes à l’heure actuelle sont celles entre Oman et l’Iran”.

“Au moins, ces deux parties savent se parler. Elles se comprennent, en quelque sorte”, même si leurs positions restent “très éloignées”, déclare-t-il à Al-Jazeera.

Pour lui, l’Iran juge désormais “inutile” de dialoguer avec les États-Unis, considérant qu’il est impossible de “se fier à la parole américaine”. Car “rien n’a changé”, souligne-t-il. “Le président Trump a promis d’anéantir l’Iran à cinq ou six reprises, avant de faire marche arrière à la dernière minute. Il est hautement improbable que des pourparlers aient vraiment lieu ou qu’il parvienne à un accord avec l’Iran sur le dossier nucléaire ou sur le détroit d’Ormuz”.