Donald Trump “s’oppose au ralentissement de l’IA, alors que le vent politique tourne”, aux États-Unis, observe le Washington Post. Le président américain a rejeté, dimanche 13 septembre, les appels à ralentir le développement de l’intelligence artificielle (IA) “alors que les craintes existentielles liées à cette technologie se retrouvent au cœur de la politique américaine”, les géants du secteur et les démocrates plaidant pour un renforcement de la réglementation en la matière, résume le Financial Times.
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“Nous pouvons mettre en place des garde-fous, et nous pouvons faire ceci ou cela, mais je pense qu’il y a beaucoup de forces négatives qui soulèvent cette question”, a déclaré Donald Trump aux journalistes durant un déplacement en Irlande, sans préciser la nature de ces “forces négatives”. “Et elles évoquent des scénarios qui ne se produiront pas.”
Le milliardaire a réaffirmé sa conviction que les États-Unis doivent garder leur leadership dans le domaine. “Nous devançons la Chine en matière d’IA, nous sommes le pays le plus avancé au monde, et franchement, je veux que cela reste ainsi”, a-t-il déclaré, deux semaines avant une visite du président chinois Xi Jinping à Washington. “Celui qui domine l’IA l’emporte”, a-t-il ajouté.
Ce discours en faveur d’une “réglementation minimale” survient alors que les géants de ce secteur technologique “tirent la sonnette d’alarme face à un développement effréné” de l’IA, explique le Wall Street Journal. Samedi, les dirigeants de certains des principaux groupes américains – Dario Amodei d’Anthropic, Sam Altman d’OpenAI et Elon Musk de SpaceX – ont appelé à un ralentissement mondial du développement de l’IA.
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Je m’abonneL’inquiétude s’était “amplifiée” après l’avertissement “devenu viral” lancé mardi par Jacob Coxon, démissionnaire d’Anthropic et ancien d’OpenAI, “mettant en garde contre les conséquences apocalyptiques de cette technologie” si elle venait à échapper à tout contrôle. “Les personnes qui développent l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie”, a affirmé le chercheur. Un responsable de la sûreté d’Anthropic, Evan Hubinger, a, lui, estimé à “plus de 10 %” le risque que l’IA “tue tous les humains”.
“Attitude désinvolte”
L’administration Trump a manifesté à plusieurs reprises son hostilité à la régulation du secteur. Le Washington Post rappelle qu’à la Maison-Blanche, Donald Trump a pris des mesures pour supprimer des réglementations qui, selon ses donateurs, risquaient de ralentir le développement de l’IA. Au cours de sa première semaine de retour au pouvoir, il a abrogé un décret de Biden datant de 2023 qui mettait en place un processus d’évaluation des risques liés aux modèles d’IA de pointe.
Cet été, après la révélation d’un incident qui a vu des IA d’OpenAI sortir spontanément de leur milieu confiné pour attaquer la plateforme Hugging Face, le président a signé un décret créant un système volontaire permettant aux laboratoires de pointe spécialisés dans l’intelligence artificielle de soumettre leurs nouveaux modèles à un examen de sécurité d’une durée de trente jours. Mais celui-ci est basé sur le volontariat et ses modalités restent floues.
Le Washington Post souligne aussi que Donald Trump a misé une grande partie de son bilan économique sur l’accélération des progrès en matière d’IA, tandis que l’essor de cette technologie propulse le marché boursier vers des sommets historiques.
À l’approche des élections de mi-mandat, les démocrates “critiquent de plus en plus la posture non interventionniste” de l’administration sur le sujet, remarque le Washington Post. L’ancien président Barack Obama a averti, lors d’un événement privé de collecte de fonds la semaine dernière, que l’IA pouvait être “dangereuse”, et a imploré les démocrates d’élaborer “un plan très clair” concernant les risques pour la sécurité et l’économie.
L’occupant du Bureau ovale “s’est placé à l’avant-garde de ceux qui adoptent une attitude désinvolte, refusant de se pencher sur la manière de trouver un équilibre entre les risques et les avantages de l’IA”, analyse le New York Times. Et cette attitude désinvolte “influence à la fois son administration et le Parti républicain qu’il contrôle toujours fermement”.
L’ancien conseiller du président en matière d’IA David Sacks, encore influent à la Maison-Blanche, a déclaré samedi soir que les entreprises devraient “cesser de prétendre avoir besoin de la permission de qui que ce soit d’autre”. “Allez-y, explorez la frontière. C’est vous qui la définissez”, a-t-il écrit sur X.
Le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a exhorté la population à ne pas « paniquer ». Il a ajouté que des garde-fous devaient être élaborés en collaboration avec les entreprises elles-mêmes et appelé à une rencontre entre les dirigeants du secteur technologique et les législateurs à la Maison-Blanche.
“Alors que les craintes d’une catastrophe liée à l’IA s’amplifient, Washington s’agite, mais reste globalement inactif”, s’alarme le New York Times. “Le décalage est frappant”, s’affole le quotidien. “D’un côté, des avertissements sur un risque existentiel, peut-être 10 % de chances de voir la civilisation disparaître. De l’autre, la paralysie de l’administration.”
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