“Trump a finalement capitulé”, constate La Repubblica. L’ex-major Nidal Hasan, qui avait tué treize personnes, dont douze militaires, sur la base de Fort Hood au Texas en novembre 2009, “sera fusillé comme prévu le 3 décembre, mais sa mort ne sera pas retransmise en direct”, contrairement à ce que souhaitait le chef du Pentagone Pete Hegseth.

Le président américain, qui avait d’abord approuvé le projet très controversé de son ministre de la Défense, a annoncé le rétropédalage jeudi sur son réseau Truth Social.

“Je pense que la retransmission de l’exécution aurait pu avoir un puissant effet dissuasif, permettant au monde entier de constater comment les États-Unis traitent les terroristes et les ordures comme Hasan”, a-t-il écrit. “Mais de nombreuses personnes honnêtes et bien intentionnées préféreraient ne pas le voir mourir, que ce soit en direct ou par le biais de tout autre support visuel”.

“Il sera exécuté, comme prévu, par un peloton d’exécution, mais cet événement ne sera pas retransmis en direct”, a-t-il ajouté. Seules les familles des victimes pourront assister, en personne, à l’exécution.

« Spectacle macabre »

Pete Hegseth avait annoncé la semaine dernière son intention de faire de l’exécution de Nidal Hasan un événement public en permettant sa retransmission, promesse d’un “spectacle macabre”, “plus digne de certaines organisations terroristes que d’un État de droit”, commente El País.

La BBC rapporte que plus de 2 700 exécutions ont eu lieu en 2025 mais qu’elles n’ont été publiques que dans deux pays : l’Iran et l’Afghanistan.

L’annonce avait immédiatement suscité de vives critiques, “notamment de la part de bon nombre des plus grands soutiens” du gouvernement, rappelle The Washington Post.

Le vice-président américain J.D. Vance et le président de la Chambre des représentants Mike Johnson avaient “tous deux indiqué qu’ils n’avaient pas l’intention de regarder l’événement, s’il devait avoir lieu, et Trump lui-même avait suggéré ce week-end qu’il réexaminerait la question, preuve qu’il n’était pas encore convaincu par l’idée”, ajoute le quotidien américain.

Plusieurs responsables religieux, élus démocrates et républicains, associations de défense des droits humains, haut gradés de l’armée américaine, et même plusieurs survivants de la tuerie, avaient eux aussi exprimé leur désaccord et leur malaise.

« Contraire aux valeurs américaines »

Selon The Wall Street Journal, Donald Trump aurait décidé de faire marche arrière “après s’être entretenu ces derniers jours avec des conseillers de la Maison-Blanche et d’autres proches, lui ayant fait part de leur inquiétude face à un spectacle sanglant diffusé en direct à la télévision”.

Il aurait également assuré à ses alliés “qu’il n’avait pas participé à la décision initiale de retransmettre l’exécution en direct”, croit savoir le quotidien économique.

Un responsable américain a pour sa part confié à NPR que les proches de Donald Trump l’avaient “persuadé qu’un tel événement serait contraire aux valeurs américaines et pourrait encourager le recrutement pour des groupes terroristes islamistes radicaux, mettant encore plus en danger les forces américaines au Moyen-Orient”.

« Camouflet majeur »

Quelles que soient les motivations du locataire de la Maison-Blanche, sa décision, “annoncée moins de trois semaines avant les élections de mi-mandat, constitue un camouflet majeur” pour Pete Hegseth, “que Trump a soutenu malgré de nombreuses controverses, en dépit du soutien de plus en faible dont [il] bénéficie au sein du Parti républicain”, remarque le Washington Post.

Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, n’en a pas moins affirmé que Donald Trump et Pete Hegseth “avaient discuté de cette décision” et qu’ils étaient “parfaitement d’accord”, dans une déclaration relayée par CNN.

“Le président Trump et le ministre Hegseth ont évoqué la décision de ne pas retransmettre en direct l’exécution de Hasan avant l’annonce de Truth Social”, a-t-il assuré. “Le ministre soutient la décision du président et ils sont parfaitement d’accord”.