A l’approche de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, qui se tiendra du 8 au 22 septembre, la communauté internationale doit cesser de considérer la paralysie du Conseil de sécurité comme une fatalité. Des instruments permettant de passer des déclarations à l’action existent encore. Et la société civile internationale doit s’engager dans ce processus de transformation.
La guerre à grande échelle menée par la Russie contre l’Ukraine entre dans sa cinquième année. Son intensité ne cesse de croître.
Selon la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine, au cours des six premiers mois de 2026 seulement, au moins 1 396 civils ont été tués et 7 978 blessés dans le pays. Le nombre de victimes civiles a été supérieur de 37 % à celui enregistré au cours de la même période en 2025. Au 31 juillet 2026, 16 870 civils avaient été tués au total sur le territoire contrôlé par l’Ukraine.
De nombreux experts estiment que les actions des forces russes présentent des caractéristiques pouvant relever du génocide. Le président russe [Vladimir Poutine] nie ouvertement l’existence même de la nation ukrainienne. Des représentants des autorités russes brandissent publiquement la menace d’une guerre nucléaire.
Depuis 2014, l’Assemblée générale des Nations unies a condamné à plusieurs reprises la Russie et réaffirmé la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Le 24 février, elle a adopté en dernier lieu la résolution A/RES/ES-11/10 qui a réaffirmé l’intégrité territoriale de l’Ukraine et appelé à un cessez-le-feu immédiat, complet et inconditionnel entre la Russie et l’Ukraine. La résolution a été soutenue par 107 Etats, tandis que 12 ont voté contre et 51 se sont abstenus. Elle a donc recueilli le soutien d’une majorité des 193 membres de l’ONU.
Mais les décisions adoptées restent dépourvues de mécanismes efficaces de mise en œuvre et de contrôle. Les résolutions de l’Assemblée générale ne peuvent devenir contraignantes que si elles sont approuvées par le Conseil de sécurité. Or, dans le cas présent, le Conseil de sécurité est incapable d’assumer la responsabilité qui lui incombe : la Russie, membre permanent du Conseil, dispose du droit de veto tout en étant elle-même partie à la guerre.
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