Maria Francisca Silva de Oliveira a quitté par la voie fluviale la communauté de São Raimundo, dans l’Amazonie brésilienne. Elle a fait en bateau-bus un trajet de presque trente heures jusqu’à Manaus, où elle a pris un vol jusqu’à Tabatinga [à la frontière avec la Colombie]. De là, elle s’est rendue dans la localité voisine de Leticia, capitale du département colombien d’Amazonas. D’autres émissaires autochtones, paysans ou afrodescendants se sont déplacés des plaines inondables de la Bolivie ou ont pris un avion du Suriname vers Curaçao puis Bogota, pour finalement atteindre la même ville.
Représentant 14 communautés amazoniennes, ils ont afflué ici pour découvrir le résultat d’un projet entrepris plus d’un an plus tôt : la production d’un atlas décrivant la richesse historique et culturelle que renferme la cuisine amazonienne. Les participants, originaires de l’Équateur, du Pérou, de la Bolivie, du Brésil, du Guyana, du Suriname et d’autres régions de la Colombie, se sont réunis à Acapú, une réserve naturelle gérée par la société civile, située à 14 kilomètres du centre de Leticia.
Un an de travail
Sous une grande structure de bois, avec en son centre un feu de camp qui est resté presque continuellement allumé, les dirigeants des communautés ont conversé, présenté les cartes q
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