Dans les allées du centre de conférences de l’hôtel Radisson Blu de Vilnius (Lituanie), des autocollants blancs ont dû être apposés en catastrophe sur les kakemonos et les affiches : début octobre, plusieurs sponsors institutionnels ont soudainement décidé de retirer leur soutien à la conférence Disinfo2026, qui a rassemblé, du 6 au 8 octobre, plusieurs centaines de chercheurs, associations, diplomates, journalistes et entrepreneurs, pour discuter d’ingérences et de désinformation.
Organisée chaque année par le EU DisinfoLab, une ONG européenne réputée, la conférence s’est retrouvée au cœur d’une vive crise diplomatique, provoquée par l’intitulé de deux tables rondes qui avaient pour point commun d’évoquer les Etats-Unis comme une source de désinformation et d’ingérences. EU DisinfoLab n’a pas souhaité s’exprimer à ce sujet.
Quelques jours avant la conférence, trois sponsors institutionnels ont demandé à ne plus apparaître dans la liste des soutiens de Disinfo2026, malgré leur apport financier : les ministères des affaires étrangères lituanien et canadien, et leur équivalent européen, le service européen pour l’action extérieure (SEAE). « Plusieurs éléments du programme contredisaient la position officielle du gouvernement lituanien », explique au Monde son ministère des affaires étrangères. Constat similaire auprès du SEAE, qui dit « soutenir une discussion libre et ouverte dans les événements organisés par la société civile » mais avoir demandé le retrait de son logo, parce que « les organisateurs ont choisi de cadrer certaines des discussions d’une manière qui n’est pas alignée avec les positions de l’Union européenne ».
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