Helen Haines se trouvait devant le coffre de sa voiture, garée à côté de son bureau de circonscription dans la ville de Wangaratta, à un peu plus de 200 kilomètres au nord-est de Melbourne, la capitale de l’État de Victoria, quand un Toyota Land Cruiser l’a percutée. Le conducteur, Brendan Nugent, âgé de 43 ans, a été arrêté et devait être présenté à un tribunal mercredi 21 octobre. Cet homme, connu de la police notamment pour conduite dangereuse ayant entraîné des blessures volontaires graves, est à la une de presque tous les journaux australiens.
Mais pas à celle du quotidien de Melbourne The Age, qui a choisi de publier une photo de policiers et de reprendre, pour son titre, les propos du Premier ministre de l’État de Victoria, Ben Carroll : “Déchirant et incompréhensible”. “Incompréhensible”, car comme le souligne le journal dans un éditorial intitulé “Une journée noire pour la démocratie”, Helen Haines est “une femme politique d’une intégrité irréprochable” et “n’est pas une figure clivante. Bien au contraire, elle incarne ce qu’il y a de meilleur et de plus juste dans la vie publique australienne”. Pour l’heure, on ignore tout du mobile du suspect. La famille de celui-ci s’est dite “dévastée”, décrivant Helen Haines comme une amie proche depuis plus de vingt ans, rapporte The Age.
Quelles que soient les motivations de cet homme vivant dans une commune voisine de Wangaratta, “l’agression monstrueuse et insensée dont a été victime Helen Haines est un rappel tragique de la vulnérabilité de la démocratie australienne face à la violence croissante”, souligne The Age. En Australie, rappelle le journal, les agressions physiques violentes contre des dirigeants politiques sont rares mais en augmentation.
Cette agression doit être un tournant
En octobre dernier, la police a mis sur pied des équipes chargées de mener des enquêtes sur la sécurité nationale (National Security Investigation) et, en particulier, sur les menaces visant les députés et autres hauts responsables. Depuis, indique The Age, 41 personnes ont été inculpées.
En outre, une vingtaine de procédures judiciaires sont en cours à propos de menaces contre le Premier ministre, Anthony Albanese. D’ailleurs, écrit le journal, ce dernier a récemment passé plusieurs semaines loin de sa résidence de Sydney, connue sous le nom de “Kirribilli House”, le temps que la sécurité y soit renforcée et qu’un bunker y soit construit.
Après l’agression de Helen Haines, le Premier ministre de l’État de Victoria, Ben Carroll, a appelé à un sursaut de la classe politique et de la population en général :
“Nous devons nous lever, dénoncer la situation et faire en sorte que ce soit un tournant.”
À l’unisson, The Age espère que le débat démocratique en Australie, qui “permet des désaccords respectueux sans cacher les politiques derrière des dispositifs de sécurité”, continuera de prévaloir. Et que les Australiens pourront continuer d’interpeller leurs élus dans la rue, “un élément essentiel de notre démocratie” et “une liberté qu’il ne faut pas sacrifier devant la violence ou la peur”.
Émotion mondiale après le massacre antisémite de Bondi Beach, en Australie
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !