Le Times Higher Education vient de sortir son classement des meilleures universités du monde, analysant 2 297 universités de 118 pays et territoires. Si Oxford garde la tête du classement, de peu, devant le MIT, ce qui retient surtout l’attention, dans un classement toujours dominé par les établissements anglo-saxons, c’est le fait que l’Asie gagne du terrain. Trois universités asiatiques entrent en effet dans le top 15, ce qui est une première, et Tsinghua, à Pékin, devance désormais l’ETH Zurich. “Cela signifie que la meilleure université asiatique devance désormais la meilleure université d’Europe continentale.” Selon le site britannique, les campus américains et anglais vivent surtout de leur réputation, alors que leurs financements comme la qualité de leur recherche diminuent. La France, elle, recule et ne compte que trois établissements dans le top 200, contre cinq l’an dernier.

À lire aussi : Éducation. L’Asie devient la nouvelle destination prisée des étudiants étrangers

“La loi d’airain de l’enseignement supérieur, notamment en matière de recherche, est que des performances exceptionnelles ne sont durables qu’avec des financements, et en particulier des financements publics”, a déclaré Simon Marginson, professeur à l’université de Bristol, notant que les financements privés “sont souvent assortis de conditions qui empêchent d’atteindre des performances optimales”. Ming Chen, professeure à l’université Sheffield Hallam, ajoute que les universités “ont subi une pression extrême pour fonctionner comme des entreprises afin de faire face à la hausse des coûts opérationnels, mais ce modèle économique a échoué”.

À lire aussi : Études. Partir dans une université incroyable à l’étranger ou aller dans une fac rassurante dans son pays ?

Pour faire face à ces difficultés, certains pays, dont la France, fusionnent des établissements pour en faire des “méga-universités” plus performantes. Et, dans un autre article, le Times Higher Education raconte qu’en Asie, dont les universités sont de plus en plus attractives, les “cités de l’éducation” fleurissent depuis vingt ans. Il s’agit de lieux censés attirer les campus d’universités occidentales grâce à des infrastructures subventionnées, des équipements partagés, la promesse d’une émulation. On en trouve à Doha (Qatar), à Dubaï (Émirats arabes unis), à Incheon (Corée du Sud) ou encore à Iskandar Puteri (Malaisie).

Pourtant, leur bilan est mitigé. Stanford quitte le campus international d’Incheon, qui comptait à peine plus de 4 000 étudiants en 2024, loin des 10 000 visés. L’université A&M du Texas quittera le Qatar d’ici à 2028, et Reading a dû réduire la voilure en Malaisie. Des sites excentrés, peu attractifs pour les étudiants, et des financements publics qui s’étiolent expliqueraient ces échecs, tandis que les pôles plus centraux et adossés à un marché de l’emploi, comme Dubaï, s’en sortent mieux. Qu’il s’agisse de rester au sommet ou d’attirer les meilleures institutions, la leçon semble la même : ni le prestige ni les infrastructures ne remplacent durablement les financements publics.

Retrouvez l’actualité des expatriés chaque semaine