Sur la piste saoudienne des attentats du 11-Septembre
Sur la piste saoudienne des attentats du 11-Septembre
Épisode 1/4
Sur la piste saoudienne des attentats du 11-Septembre
L’épisode 3 sera disponible prochainement.
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L’épisode 3 sera disponible prochainement.
Vingt-cinq ans après le 11-Septembre, des documents qui montrent que des membres du gotha saoudien ont financé Al-Qaida
Par Christophe Ayad et Guillaume DasquiéEnquête« Sur la piste saoudienne des attentats du 11-Septembre » (2/4). Oussama Ben Laden a pu être présenté comme indésirable à Riyad et poussé à l’exil. Des documents déclassifiés de la CIA montrent pourtant que des flux massifs d’argent en provenance du royaume ont alimenté Al-Qaida jusqu’en 2003. Ce que Washington a préféré taire pour ne pas froisser la pétromonarchie.
New York, 11 septembre 2026, une femme monte à la tribune de la cérémonie organisée pour le vingt-cinquième anniversaire des attentats. Terry Strada est la présidente de l’association des familles des victimes, 9/11 Families United. Près d’elle, une rangée d’ex-présidents, debout, mine grave. George W. Bush, Bill Clinton, Barack Obama, Joe Biden. Elle regarde droit devant. Gorge nouée, un instant. « On a enfin réussi à aller devant un tribunal et on a prouvé que le royaume d’Arabie saoudite a entretenu une culture nauséabonde du terrorisme contre les Américains (…). Mais pendant vingt-cinq ans, gouvernement après gouvernement, les dirigeants, y compris ceux devant nous aujourd’hui, ont choisi de protéger les Saoudiens. » Des VIP se raidissent. La foule applaudit.
Pour saisir la colère sourde de Terry Strada, il faut s’intéresser au dossier de plainte des victimes du 11-Septembre, toujours à l’instruction, non loin de là, dans un tribunal de Manhattan. A ce jour, 12 000 actes de procédure y sont répertoriés. Leur chronologie retrace les lenteurs et les obstructions subies par les plaignants. Deux décennies auront été nécessaires pour, peu à peu, contraindre l’Etat fédéral à verser les informations-clés qu’il détenait sur Al-Qaida, ses sponsors et ses réseaux. Depuis décembre 2024, l’enregistrement progressif de rapports de la CIA et du Trésor américain comble ce vide. Et donne le vertige.
Car cette production des services de renseignement modifie l’image du mouvement terroriste, en particulier sur le plan de ses relais financiers. Oussama Ben Laden et Al-Qaida n’y apparaissent plus comme des renégats, tombés en disgrâce dans le royaume wahhabite et isolés depuis 1996 dans des montagnes afghanes, chez les talibans. Des fanatiques qu’auraient aidés çà et là quelques marchands.
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