Dans le paysage scolaire suédois, le Lycée d’enseignement supérieur de Sigtuna (SSHL), situé à une cinquantaine de kilomètres de Stockholm, et celui de Lundsberg, installé dans les forêts du Värmland, occupent une place à part. Fondés respectivement en 1896 et 1920, ces deux établissements privés sont les derniers héritiers d’une époque où l’élite du royaume envoyait ses enfants dans des pensionnats chics, caractérisés par l’entre-soi et une éducation à la dure, pour les préparer à diriger le pays.
Au fil des décennies, d’anciens élèves ont témoigné, racontant l’éducation « par les pairs », la hiérarchie à l’internat et les brimades. L’écrivain Jan Guillou en a même fait un livre, inspiré de son expérience, intitulé La Fabrique de violence (publié en 1981 en Suède et traduit en français en 1990 aux éditions Manya), dont l’adaptation cinématographique Ondskan (2003), a été nominée aux Oscars en 2004. Considéré comme une référence, le roman est toujours lu en classe.
Aujourd’hui, ces établissements doivent se plier aux directives nationales et mettre en place des programmes de lutte contre le harcèlement. Ils sont inspectés régulièrement. Et pourtant, rien n’y fait : les scandales se succèdent. Après la condamnation en appel, le 18 septembre, de quatre élèves de terminale du lycée Lundsberg pour l’agression de plusieurs de leurs camarades en janvier 2025, cinq élèves de SSHL, âgés de 17 à 18 ans, sont soupçonnés d’agression sexuelle, de contrôle coercitif et de coups et blessures.
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