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Géopolitique

Visite du pape en France : « En ces temps de bouleversements majeurs, l’Eglise montre que le monde a besoin de visionnaires courageux et engagés »

La théologienne Anne Soupa analyse, dans une tribune au « Monde », les différentes étapes que le souverain pontife marquera en France, ce programme éclairant les options politiques, religieuses et sociétales de Léon XIV.

Visite du pape en France : « En ces temps de bouleversements majeurs, l’Eglise montre que le monde a besoin de visionnaires courageux et engagés »
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Tout voyage papal obéit à un rituel où l’on observe des haltes obligées, jusqu’à la dernière, qui en révélera le message central. Vers quel but, théologique et politique, cette visite tend-elle ? Premier constat : quand Léon XIV se déplace, il prend son temps, mais il l’occupe généreusement. Quatre jours pleins [du vendredi 25 au lundi 28 septembre], quatorze prises de parole, c’est dense. Comme s’il fallait cet apprivoisement mutuel entre le pape et son auditoire.

A la différence de son prédécesseur François [1936-2025], Léon a la parole retenue. Le 9 mai 2025, au lendemain de son élection, il a livré la clé de sa spiritualité, inspirée par saint Augustin [354-430], devant les cardinaux réunis dans la chapelle Sixtine : « Disparaître pour que le Christ demeure, se faire petit pour qu’Il soit connu et glorifié. » Consigne qui le pousse à intégrer son interlocuteur dans le choix même de ses mots. A user de sa parole, son seul pouvoir, pour susciter au lieu de dicter, pour déléguer au lieu de diriger.

En comparant ce voyage avec celui qu’il a effectué en juin en Espagne, des passages obligés sont notables. Le pape s’entretient avec les autorités publiques, parle aux jeunes, honore les milieux de la culture, converse avec les membres d’un ordre religieux. Il rencontre les évêques, mais aussi des fidèles, des malades, des prisonniers, les catholiques du lieu, prêtres et laïcs engagés. C’est pourquoi ces visites, même si elles sont aussi des visites d’Etat, sont appelées « apostoliques » : les papes, comme les premiers apôtres, annoncent un salut.

Vêpres modestes à Notre-Dame

Par ailleurs, ces haltes convenues ne sont pas les mêmes d’un pontife à l’autre. Ainsi, Jean Paul II [1920-2005], à peine arrivé sur le sol québécois, en 1984, s’était rendu sur la tombe du premier évêque de l’Amérique du Nord, François de Laval [1623-1708]. Et sa première prise de parole, dans un séminaire, avait été perçue comme un encouragement aux vocations.

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