Le premier ministre israélien a ordonné, dimanche 4 octobre, un examen des mesures de sécurité sur les vols internationaux vers Israël, après l’attaque cette semaine sur un vol de la compagnie Flydubai. Benyamin Nétanyahou a chargé le directeur du Conseil national de sécurité, Shmuel Ben Ezra, de nommer un responsable chargé de procéder à un examen approfondi de l’ensemble des aspects liés à la sécurité de l’aviation civile étrangère à destination d’Israël, a déclaré le bureau du premier ministre dans un communiqué.
Un avion de Flydubai à destination de Tel-Aviv a dû effectuer mercredi un atterrissage d’urgence en Arabie saoudite, après une apparente tentative de crash du copilote de l’avion qui transportait 174 personnes, dont 166 Israéliens.
Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou est sous pression depuis plusieurs jours, alors que des membres de l’opposition et des médias s’interrogent sur d’éventuelles failles de sécurité ayant mené à cette attaque, qui semble avoir été déjouée de justesse grâce à l’intervention de passagers.
Des députés de gauche ont ainsi demandé à la procureure générale d’ouvrir une enquête sur les défaillances éventuelles autour de ce vol Flydubai, notamment sur la possibilité que les informations concernant l’identité du copilote aient été transmises à Israël mais n’aient pas fait l’objet de vérifications sur ses antécédents, comme le rapportent des médias.
Des médias israéliens ont, en outre, rapporté dimanche que le suspect, interrogé dans les Emirats arabes unis, avait l’intention de faire écraser l’avion sur le sol israélien, et qu’il avait assuré plusieurs vols à destination de Tel-Aviv ces derniers mois pour faire du repérage.
« Enquête de façade »
Réagissant à l’annonce d’un « examen approfondi » par M. Nétanyahou dimanche soir, l’un des chefs de l’opposition israélienne, Yaïr Lapid, a déclaré sur X qu’il s’agit d’une « enquête de façade ». « Tout comme Nétanyahou s’est dérobé à l’enquête sur le massacre du 7-Octobre, il se dérobe aujourd’hui encore », a affirmé M. Lapid, en référence aux attaques sans précédent du Hamas palestinien en Israël en 2023.
La ministre des transports, Miri Regev, une proche de M. Nétanyahou, sous le feu des critiques, a annoncé dimanche avoir rencontré l’ambassadeur des Emirats arabes unis en Israël pour « évoquer la coopération dans le cadre de l’enquête sur l’incident qui aurait pu se terminer par une catastrophe majeure ».
« Nous sommes convenus de poursuivre notre coopération, de renforcer les liens dans les domaines de l’aviation et des transports, et d’agir ensemble afin de garantir la sécurité des passagers et des vols », a ajouté Mme Regev.
De son côté, Gadi Eisenkot, principal rival de M. Nétanyahou pour les élections législatives du 27 octobre, a affirmé sur X que « dans un gouvernement digne de ce nom et correctement géré, la ministre des transports aurait présenté sa démission ».