Le copilote omanais du vol de Flydubai à destination de Tel-Aviv, qui avait attaqué le pilote provoquant un atterrissage d’urgence fin septembre en Arabie saoudite, planifiait une attaque suicide sur l’aéroport Ben-Gurion à Tel-Aviv, a affirmé, vendredi 9 octobre, le procureur des Emirats arabes unis, Hamad Saïf Al-Chamsi.
Ce copilote s’est inspiré des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, et « a affirmé avoir agi seul, sans l’implication d’autres personnes », a déclaré le procureur général émirati dans un communiqué, ajoutant que l’enquête se poursuivait « afin de vérifier cette affirmation ».
Le 30 septembre, le commandant de bord indien d’un avion Flydubai qui se dirigeait vers Tel-Aviv avait été attaqué au couteau par son copilote. Mais il était parvenu à ouvrir la porte du cockpit aux passagers et aux membres de l’équipage qui avaient maîtrisé l’assaillant et repris le contrôle de l’appareil. Celui-ci, qui avait vertigineusement chuté pendant l’échauffourée, avait pu se poser en urgence en Arabie saoudite. Le vol dérouté transportait 174 personnes, dont 166 Israéliens et huit membres d’équipage ; les passagers avaient été rapatriés en Israël le soir même.
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, l’avait invité samedi en Israël en tant qu’hôte d’honneur. « Vous êtes un véritable héros des peuples courageux de l’Inde et d’Israël, et vous êtes un héros pour le monde entier », avait déclaré M. Nétanyahou dans une vidéo diffusée par son bureau et qui montrait sa conversation téléphonique avec le commandant de bord Smit Machchhar, soigné aux Emirats.
« Opinions extrémistes »
Selon les chaînes Al-Araby, CNN et ABC ainsi que le Wall Street Journal, qui s’appuyait sur une source anonyme proche de l’affaire, le copilote de Flydubai s’était vu interdire de voler par son pays d’origine, Oman, en raison de craintes qu’il ait adopté des opinions extrémistes.
Les autorités omanaises estimaient que cet homme – du nom de Hammam Al-Hammami, dont le père est omanais et la mère syrienne – avait été influencé par des groupes islamistes radicaux lors d’un séjour en Syrie. Après avoir postulé sans succès à la compagnie Emirates, il avait rejoint Flydubai, sans que l’on sache si ses antécédents avaient fait l’objet d’une vérification, d’après ces mêmes médias.
« [Le copilote] remplissait les conditions professionnelles et de sécurité requises à l’embauche, comme la détention d’une licence de pilote, la présentation d’un certificat de bonne conduite et la soumission aux vérifications requises », a toutefois affirmé vendredi Hamad Saïf Al-Chamsi. « Aucune de ces procédures n’a révélé d’indices laissant supposer ses opinions extrémistes », a-t-il ajouté.