Vingt-cinq ans après le 11-Septembre, le maire de New York, Zohran Mamdani, a annoncé mardi 8 septembre la publication de dizaines de milliers de documents révélant, selon lui, des dissimulations de la municipalité sur la toxicité de l’air après les attaques.
« Ces documents montrent ce que la ville savait de la présence d’air toxique autour de Ground Zero, à quel moment elle en a eu connaissance et comment elle a agi pour limiter sa responsabilité juridique », a déclaré le maire lors d’une conférence de presse.
Cette publication en ligne a été décidée au terme d’un accord judiciaire avec 9/11 Health Watch, une organisation de défense des victimes qui avait saisi la justice pour contraindre la ville à rendre publiques les informations dont elle disposait.
En plus des 2 977 personnes mortes aux Etats-Unis le jour des attaques du 11-Septembre, principalement à New York, plus de 9 400 autres sont mortes des suites de maladies liées à leur exposition aux conséquences des attentats, selon le programme fédéral mis en place pour assurer leur suivi médical.
A la suite de l’effondrement des tours du World Trade Center et du nuage de poussière qu’il a provoqué, une pollution par des poussières résiduelles pendant plusieurs mois a entraîné des cancers dont souffrent encore aujourd’hui des milliers de New-Yorkais.
« Des gens sont tombés malades parce que les dirigeants auxquels ils faisaient confiance leur ont menti en leur affirmant qu’ils pouvaient respirer sans danger un air toxique », a insisté Zohran Mamdani. Ces documents, qui vont être mis en ligne par vagues pendant douze mois, pourraient mettre en cause deux de ses prédécesseurs : Rudy Giuliani, en poste au moment des attaques, puis Michael Bloomberg, à partir de l’hiver 2002.
« Responsabilité juridique »
Certains documents figurant parmi les 173 000 publiés mardi portent sur des « discussions que l’administration Giuliani avait à l’époque au sujet de sa responsabilité juridique et des risques sanitaires », a précisé lors de la conférence de presse l’avocat en chef de la ville de New York, Steven Banks.
Un autre document met en avant « des informations fournies par le représentant au Congrès Jerry Nadler » sous la mandature de Michael Bloomberg « concernant les inquiétudes de résidents du sud de Manhattan » quant à la qualité de l’air qu’ils respiraient. Interrogés par l’Agence France-Presse, les entourages des deux anciens maires n’avaient pas réagi dans l’immédiat.
Questionné sur les noms des responsables politiques ayant dissimulé des informations au public, Zohran Mamdani a botté en touche, en précisant seulement que « cela concerne un grand nombre de personnes auxquelles les New-Yorkais ont fait confiance ».
« Ce que nous savions tous, nous qui vivions dans le sud de Manhattan, c’est qu’il y avait des substances toxiques dans l’air et sur le sol, sur les rebords des fenêtres et dans les climatiseurs (…) et qu’elles y sont restées pendant des mois », a déclaré le comédien Jon Stewart, figure de la défense des victimes du 11-Septembre. « Tout le monde le savait, et il apparaît désormais clairement que la ville le savait elle aussi », a-t-il poursuivi.
Directeur de l’association 9/11 Health Watch, Ben Chevat a remercié Zohran Mamdani d’être « le premier maire, en vingt-cinq ans, à commencer enfin à répondre à la question : “Que savait la ville des dangers liés au nuage toxique à Ground Zero, et quand en a-t-elle eu connaissance ?” ».