A Bruxelles, on les appelle les « frugaux ». Et lorsqu’ils agacent, les « brutaux ». Eux se sont autoproclamés les « modernisateurs » ou mieux encore, depuis quelques jours, les « sensible six » (« les six raisonnables »), clin d’œil aux Fantastic Four (les « quatre fantastiques »), les super-héros de Marvel. Vont-ils sauver l’Union européenne (UE) de la spirale de la dette, en modérant les ambitions budgétaires de la Commission ? Ou étrangler sa capacité d’action, en serrant trop fort les cordons de la bourse pour les années 2028-2034, alors qu’ils demandent toujours plus à l’exécutif européen : plus de contrôles aux frontières, plus de financement de Canadair, plus d’enquêtes commerciales contre les entreprises chinoises, plus de surveillance des géants de la tech, plus d’innovation et de politique industrielle pour défendre la souveraineté commune ?
Une chose est certaine : les frugaux sont obnubilés par tout dérapage des dépenses et ne veulent ni payer ni emprunter davantage. Ils comptent se faire entendre au Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement, qui se tiendra à Bruxelles jeudi 15 et vendredi 16 octobre. Avec en chef de file, l’Allemagne, qui, par le passé, gardait pourtant ses distances avec les cinq autres – Pays-Bas, Suède, Danemark, Finlande et Autriche –, même si elle pouvait défendre leur démarche. Aujourd’hui, contrairement à ses prédécesseurs, Friedrich Merz, le chancelier allemand, adopte une position d’une grande intransigeance, qui ne facilite pas le compromis.
Il vous reste 78.33% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !