LETTRE DE BUCAREST
A l’entrée du grand marché d’Obor à Bucarest, une adolescente s’engouffre dans le kiosque à fleurs de Paulina Tanase et repart avec une rose écarlate. « C’est une élève de lycée. Tous les jours, après l’école, elle vient acheter une rose pour sa maman », raconte la fleuriste, émue. Cette femme de 57 ans appartient à la communauté des « boldeni », des fleuristes roms de mère en fille. La sienne, âgée de 36 ans, a pris la relève.
Les fleurs sont « tout » pour Paulina, « elles sont comme mes enfants, c’est ma vie. C’est la plus belle chose que Dieu ait laissée sur cette terre ». En ce mois d’octobre, les chrysanthèmes sont à l’honneur et jonchent les trottoirs. Le secteur 2 de la capitale roumaine, où se trouve le marché d’Obor depuis le XVIIIᵉ siècle, est celui où l’on croise le plus de « boldeni », dont le nom viendrait d’un ancien village appelé Bold.
Leurs kiosques rouges, devenus identifiables, parsèment de bouquets colorés les grands boulevards et les intersections. C’est dans ce quartier que ces familles roms vivent et ont commencé à vendre des fleurs en 1856, année de la fin de l’esclavage des Roms, qui a duré près de cinq siècles et dont les 170 ans de son abolition ont été célébrés le 20 février. Jusque dans les années 1990, les femmes vendaient leurs fleurs à même le trottoir ou sur des stands à peine couverts. Des kiosques ont ensuite été installés.
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