Cet assaut contre le territoire espagnol par la frontière de Ceuta n’a rien eu de spontané. L’afflux de 50 000 personnes [72 000, selon le ministre de l’Intérieur espagnol mardi 4 août] dans une zone couverte de barbelés ne peut pas être un événement naturel, sans préméditation, sans concertation, sans organisation, sans incitation. Jeudi 30 juillet, le Maroc a laissé passer des milliers de ses citoyens, femmes et hommes, enfants, adolescents et adultes attirés là, dupés dans leur majorité. Il va devoir enterrer [75 morts selon l’Espagne, 11 selon le Maroc]. La plupart des personnes qui se sont élancées à la nage le long de la plage d’El Tarajal auraient maintenant regagné leur foyer, ou en tout cas les environs (les chiffres sont rares et leur fiabilité est faible). Mais elles sont encore trop nombreuses à Ceuta (la statistique là aussi fait défaut), et cet assaut ébranle toute l’Europe.

Tout le monde le sait : les élites marocaines n’apprécient guère les Marocains pauvres, miséreux, sans horizon. Elles jouent à la catapulte avec eux. Ainsi qu’avec les corps malheureux de ces Subsahariens qui, traversant le désert en quête d’une échappée, arrivent sur le promontoire marocain dans l’espoir de trouver le moyen de traverser le détroit. Telle est la marchandise dont le régime de Mo