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Géopolitique

A Gaza, « usines à cibles » et « dommages collatéraux » : les méthodes de l’armée israélienne racontées par ses militaires

Des officiers israéliens détaillent au « Monde », en collaboration avec l’ONG Breaking The Silence, les règles d’engagement de l’armée à Gaza, le nombre assumé de victimes civiles provoqué par ses opérations et l’utilisation massive de l’intelligence artificielle.

A Gaza, « usines à cibles » et « dommages collatéraux » : les méthodes de l’armée israélienne racontées par ses militaires
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A Gaza, « usines à cibles » et « dommages collatéraux » : les méthodes de l’armée israélienne racontées par ses militaires

Par Luc Bronner (Jérusalem, correspondant)
Publié aujourd’hui à 15h00, modifié à 15h13

Temps de Lecture 12 min.

Ce fut l’un des épisodes les plus dévastateurs d’une guerre qui en compte beaucoup. Le 31 octobre 2023, en début d’après-midi, un bombardement israélien sur la ville de Jabaliya, dans le nord de Gaza, avait provoqué la destruction instantanée d’un quartier entier. Au moins 126 Palestiniens, dont 68 enfants, avaient été tués sur le coup et 280 autres blessés après une frappe que l’armée israélienne, a elle-même qualifiée de « massive ». Les images publiées après l’attaque avaient montré l’anéantissement presque total de la zone.

La cible visée était Ibrahim Biari, le commandant d’un bataillon du Hamas à Jabaliya, dissimulé dans un des nombreux tunnels bétonnés de l’organisation islamiste palestinienne. Sous couvert de très strictes conditions d’anonymat, un militaire israélien raconte comment l’armée a frappé la zone en toute connaissance de cause quant aux dégâts prévisibles. « Pour des officiers de haut rang du Hamas, un bilan de plusieurs centaines de victimes collatérales était autorisé pour une seule attaque », explique cette source au Monde et à plusieurs médias internationaux.

« Jabaliya était un foyer d’attaques terroristes, de tirs de missiles visant les soldats et les localités alentour, les villes israéliennes proches de Gaza. [Les autorités] ont estimé que s’ils n’éliminaient pas le chef du bataillon, il n’y aurait aucun moyen de prendre le contrôle de la zone », poursuit ce militaire, dont le récit a d’abord été recueilli par Breaking the Silence, une ONG israélienne de vétérans qui collecte et vérifie des témoignages de soldats depuis plus de vingt ans.

Les calculs de dommages collatéraux

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