Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, s’est livré, jeudi 24 septembre, à un réquisitoire contre les détracteurs d’Israël, au moment où les critiques se multiplient concernant les violences commises contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée.
« Ils accusent Israël, le minuscule Israël, de colonialisme, quel colonialisme ? », s’est exclamé Benyamin Nétanyahou à la tribune de l’ONU. « Parmi eux, il y a des gens en Royaume-Uni et en France. Bon sang, ce sont eux qui ont inventé le terme ! », a-t-il lancé.
Il a assuré avoir empêché l’Iran, conjointement avec les Etats-Unis, de mettre au point des armes nucléaires « destinées à détruire Israël et susceptibles de menacer le monde entier ». Il a aussi prédit que le régime iranien « finira par tomber ». Comme l’an dernier, des dizaines de membres des délégations ont quitté la salle au moment de sa prise de parole en guise de protestation.
Attaque contre le maire de New York
S’adressant à l’Assemblée générale, il a évoqué l’attaque à la voiture bélier mercredi en Cisjordanie occupée dans laquelle le fils de l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Yechiel Leiter, a été gravement blessé. « Le peuple d’Israël tout entier (…) prie pour lui », a dit M. Nétanyahou.
Et comme il l’avait annoncé, il s’en est de nouveau pris au maire de New York, Zohran Mamdani, militant de longue date de la cause palestinienne, qu’il accuse de soutenir le Hamas, répétant à trois reprises « honte à vous ». M. Mamdani, qui fait partie de l’aile gauche du Parti démocrate, accuse le premier ministre israélien de « génocide ».
Le maire de New York avait déclaré qu’il envisageait d’arrêter l’Israélien lors du sommet de l’ONU, avant d’admettre qu’il n’était pas en mesure d’exécuter un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) visant le premier ministre pour crimes de guerre et contre l’humanité. Des dizaines de manifestants se sont rassemblés le long de la Première Avenue, qui longe le siège de l’ONU à Manhattan, scandant « Nétanyahou vous ne pouvez pas vous cacher, vous êtes recherché pour génocide ! ».
Avant lui, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, contraint de s’exprimer par vidéo car privé de visa par les Etats-Unis, a déclaré que les politiques israéliennes ne se contentaient plus de compromettre la solution à deux Etats mais menaçaient désormais « la vie et l’existence mêmes » de son peuple.
Le discours de M. Nétanyahou survient alors que plusieurs dirigeants étrangers, dont Emmanuel Macron, ont profité de la tribune de l’ONU cette semaine pour critiquer la politique menée par le gouvernement israélien. Le dirigeant israélien a rejeté ces critiques et minimisé la situation en Cisjordanie. « Ce que les médias couvrent, c’est une poignée de jeunes délinquants », a-t-il déclaré, ajoutant qu’ils sont environ 150 « à jeter des pierres, à déterrer des oliviers ».