LETTRE DE MADRID
On l’a aperçu près du Teatro Real, l’opéra de la capitale, dans la rue d’Alcala ou dans le très huppé quartier de Salamanca, où la circulation a dû être brièvement interrompue pour les besoins du tournage. Avec son éternel chapeau de pluie, même lorsque le soleil brille, et sa parka verte, Woody Allen ne passe pas inaperçu dans les rues de Madrid. Depuis le 5 octobre, le cinéaste américain y tourne, pour six semaines, son 51ᵉ long-métrage, dont le titre reste encore secret. Une chose est sûre : « Madrid » y figurera.
Ce n’est pas une fantaisie du réalisateur, mais une obligation contractuelle. La région de Madrid, dirigée par la conservatrice Isabel Diaz Ayuso, du Parti populaire (PP, droite), et la mairie, également aux mains de la droite, ont chacune apporté 1,5 million d’euros à la production, soit un quart du budget du film (12 millions d’euros). En contrepartie, le contrat signé avec les autorités régionales, rendu public, exige que Madrid soit « facilement reconnaissable » à l’écran et qu’une partie du film permette d’identifier clairement ses rues, ses monuments et ses paysages. Une opération de promotion touristique soigneusement négociée.
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